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Librairie Faustroll

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Le Chant général [Canto general]

NERUDA (Pablo) 3 vol. in-12 (18,7 x 12,2 cm), brochés, couv. imprimées en bleu, 197 pp., 1 f. n. ch. (Tome I), 1 f. n. ch., 218 pp., 2 ff. n. ch. (Tome II), 174 pp., 1 f. n. ch. (Tome III). Edition originale française parue en 3 volumes à 5 ans d'intervalle. Un de 30 ex. in-8 hors commerce sur vélin pur fil Lafuma, plus petit tirage en grand papier (après 125 ex. réimposés dans le format in-4 sur vergé de Hollande pour le Tome I et 125 ex. sur le même papier mis dans le commerce pour les deux tomes suivants). Numérotation homogène pour les 3 volumes (HC 41 pour le premier (la numérotation commence à HC 21) et XXI pour les 2 suivants). Envoi autographe signé de la traductrice dans le dernier volume : "Pour Raymond Hallery, / ce lien dans le travail, avec / l'amitié de la traductrice / Alice Ahrweiler". Bel exemplaire, décharge laissée par un billet à en-tête de l'EFR au nom de Raymond Hallery dans le troisième volume. Militant communiste, résistant, déporté dans les camps de Melk et Ebensee pendant la guerre, Raymond Hallery (1920-2008) était un proche de Louis Aragon. Il assura la gestion financière des Éditeurs Français Réunis dès sa création en 1949 au côté de l'auteur d'Aurélien qui avait en charge la direction littéraire de l'EFR. Poème épique en quinze chants, Le Canto General, un des chefs-d’oeuvre de Pablo Neruda, sera publié pour la première fois en 1950 au Mexique par Talleres Gráficos de la Nación de Ciudad de México. La traduction française sera publiée par Les Éditeurs Français Réunis en trois tomes parus en 1950, 1952 et 1954. Au sommaire figurent les quinze chants suivants : La Lampe sur la terre, Les Hauteurs du Macchu-Picchu, Les Conquistadores et Les Libérateurs (Tome I), La Terre trahie, Amérique, je n'invoque pas ton nom en vain, Le Chant général du Chili, La Terre s'appelle Juan, Que s'éveille le bucheron, Le Fugitif (Tome II), Les Fleurs de Punitaqui, Les Rivières du chant, Choral de l'an nouveau pour la patrie en ténèbres, Le Grand océan et Je suis (Tome III).
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Genêt

KRACAUER (Siegfried) In-12 (18,8 x 12 cm), broché, couverture imprimée, 269 pp., 1 f. n.ch. Edition originale française (pas de grand papier). Exemplaire du SP. Double envoi autographe signé de l'auteur. Sur le premier feuillet blanc : "Für André Malraux / mit aufrichtiger Bewunderung, / mil Dank / und in Freundschaft / S. Kracauer". Sur le faux titre, en remerciement à la traductrice de l'ouvrage : "Für Frau Clara Malraux, / voller Dankbarkeit für / diese [.] ihrer wunderbaren Übersetzungskunst und in Freundschaft / S. Kracauer". Broché, tel que paru. Journaliste, sociologue et critique de cinéma, Siegfried Kracauer (1889 – 1966) fut un ami proche de nombre de penseurs de l'École de Francfort, dont Walter Benjamin, Theodor Adorno et Ernst Bloch. Tout comme Walter Benjamin, Kracauer s'exila en février 1933, au lendemain de l’incendie du Reichstag. Il se rendit a? Paris, ou? il noua une amitié indéfectible avec le couple Malraux qui accueillaient de?ja? boulevard Murat de nombreux e?crivains allemands antifascistes. Clara Malraux proposa de traduire Ginster, le premier roman autobiographique de Kracauer, paru en Allemagne en 1928. André se chargea des négociations avec Gallimard qui publia le volume en juin 1933. Si l’on en juge par l’insigne rarete? du volume, l’e?chec commercial fut certainement total. Le se?jour parisien de Kracauer se poursuivit, a? coup d’expe?dients, jusqu’a? son de?part pour les E?tats-Unis, en 1941, ou? il devait trouver la conse?cration, en 1947, avec la publication de son ouvrage fondamental, De Caligari a? Hitler : une histoire psychologique du cine?ma allemand. Les envois autographes en allemand de Siegfried Kracauer, sur ses livres publiés avant-guerre, sont très rares. Provenance idéale. « Bien que Genêt, qui lors de sa parution en Allemagne obtint un grand succès littéraire, se déroule principalement durant la guerre, il n'est pas ce que l'on a coutume de désigner sous le nom de "Roman de guerre". Il se différencie des autres romans de guerre en ceci qu'il ne traite pas seulement de la guerre en soi, mais de la destinée humaine qui toujours nous ramène à la guerre. C'est pourquoi dans ce livre il y a un glissement insensible de la paix à la guerre. Genêt, le personnage du roman, est le contraire d'un "héros" ; sous tous les rapports il nous rappelle Charlot. Faible, effacé, solitaire, et souvent lamentable, tel Charlot, Genêt ne parvient à dominer son instinct guerrier qu'en le supportant passivement. Il ne se montre à la hauteur d'aucune situation, il ne parvient pas à saisir les rapports humains les plus courants. Si bien que son attitude ressortit constamment au plus haut comique. Mais cette impuissance même est la source de la puissance qui lui est propre ; et il semble que sa fonction soit de dévoiler impitoyablement toute chose. Ses déficiences dénoncent le pathos des héros, ses maladresses, l'activité qui tourne à vide ; son incapacité à saisir la soi-disant vie normale nous montre la singularité profonde de cette vie. À l'arrière-plan comique, collé à lui, nous voyons le triste étonnement suscité par un monde où la paix et la guerre se mêlent inextricablement. Les récents événements allemands donnent à ce roman une actualité exceptionnelle. Par lui nous n'apprendrons pas seulement à connaître mais aussi à mieux comprendre le présent. » (Prière d'insérer, 1933).
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Nouvelles choisies Le Scarabée d’or – L’Aéronaute hollandais

POE (Edgar) 16,8 x 10,5 cm, demi-veau bleu nuit serti d'un filet doré, dos à nerfs, pièces d'auteur et de titre rouge frappées or, fleurons dorés, couv. non cons. (reliure de l'époque), 3 ff. n. ch. (blanc, faux-titre, titre), V pp. (préface), 148 pp. Edition originale en volume de la première traduction en français d'une oeuvre d'Edgar Allan Poe (1809-1849). Deux tampons du Ministère de la Police Générale en page de titre, l'un en rouge l'autre en bleu. Menus frottements à la reliure. Exemplaire de Gérard Bauër (1888 - 1967), écrivain, membre de l'académie Goncourt et petit fils naturel d'Alexandre Dumas, avec des notes autographes successives, toutes signées, rédigées à l'encre bleue et au crayon rouge sur le premier feuillet blanc relatives à la découverte de l'oeuvre d'Edgar Poe par Charles Baudelaire : « C'est probablement cette traduction qui inspira à Baudelaire l'idée d'entreprendre la sienne laquelle parut trois années plus tard en 1856. Gérard Bauer. » « Supposition inexacte car j'ai une lettre de lui (1851) où il réclame à Londres les oeuvres de Poe avec "notice". GB » « La révélation de Poe à Baudelaire se produisit le 27 janvier 1847 jour où il lut dans "La Démocratie Pacifique", la traduction du Chat Noir par Mme Victor Meunier, née Isabella Hack. Ce petit livre est la première traduction publiée en volume. Elle est due à Alphonse Borghers. 1952 G.B. ». La traduction est effectivement de M. Borghers, pseudonyme d'Amédée Pichot, directeur de la Revue Britannique. La traduction du Scarabée d'or parut dans cette même revue en 1845 (Cinquième série, tome trentième). La préface au présent recueil constitue la première présentation au public français d'Edgar Poe en parfait Poète Maudit. L'Aéronaute hollandais est aujourd'hui connu sous le titre d'Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaal ; il s'agit d'un voyage à la Lune en ballon. La traduction de ces deux nouvelles par Baudelaire ne paraîtra qu'en 1956 dans Histoires Extraordinaires édité par Michel Levy.
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Lucifer

LA HIRE (Jean, de)] TOUSSAINT (Maurice) Affiche grand format (160 x 125 cm) entoilée, encadrement. Très rare affiche originale de grand format tirée en chromolithographie annonçant la publication en feuilleton du roman Lucifer de Jean de la Hire dans le quotidien Le Matin (du 25 novembre 1921 au 30 mars 1922). Cette affiche de très grand format, réalisée par le peintre et affichiste Maurice Toussaint (1882-1974) présente de nombreux éléments évocateurs des romans noirs, d'anticipation et d'épouvante - cranes, pieuvre, le télédyname machine démoniaque actionnée par Lucifer, etc. Elle est d'une insigne rareté. Elle manque au département d'estampes de la BNF. Nous n'en avons trouvé aucune trace dans des catalogues de vente publique, de librairie ou de galerie d'estampes. Entoilée et encadrée. Quelques déchirures sans manque habilement restaurées. Les annonces de parution du roman en feuilleton sont un modèle du genre : En date des 11 novembre et 13 novembre, des encarts publicitaires sibyllins paraissent dans Le Matin : "Qui est l'auteur de Lucifer ?". Le 14 novembre : "Qui se souvient avec plaisir de ces prestigieux romans publiés par le Matin : La Roue fulgurante, L'Homme qui peut vivre dans l'eau, Le Mystère des XV, Au delà des ténèbres, Raca! Qui ne s'en souvient ? Et pourtant, ils ne sont peut-être que des essais, en comparaison de Lucifer que va publier le Matin". Le 15 novembre, l'identité de l'auteur est dévoilée et la date de parution annoncée : "C'est dans le formidable château du Schwalzrock, évocation du plein moyen-âge en plein XXe siècle, que réside, défendu par ses abominables maléfices, l'homme étrange, incompréhensible et terrible, qui se nomme lui-même "l'incarnation de Lucifer".". Le 16 novembre : "Sera-t-il tué par le courant électrique, cet homme - rival d'amour de Lucifer ? Il s'appelle "le Nyctalope" et tant de fois ses yeux ont dissipé les ombres de la mort, comme le soleil dissipe les nuées !.". Le 17 novembre : "Jean de Saint-Clair le Nyctalope ! Il est le rival et l'adversaire de Lucifer. Il est le rayonnement de la lumière contre la puissance des ténèbres. Il incarne la force de l'Amour et la beauté de l'intelligence. Il vit d'une existence vertigineuse et passionnée dans Lucifer.". Le 20 novembre : "Qu'est ceci, le télédyname diabolique, la machine de Lucifer. Elle est la condensatrice et la multiplicatrice de la pensée: elle projette au loin, avec une force irrésistible le fluide volonté: d'un pôle à l'autre, et aux antipodes équatoriaux, elle ordonne, elle torture, elle séduit, elle tue ! Son redoutable mystère plane sur toutes les pages de Lucifer, le grand roman de l'occulte par Jean de la Hire que va publier Le Matin". Le 21 novembre : "Henri Prillant, le fils du grand homme d'Etat. car Lucifer, pour vaincre le père, ose s'attaquer à l'enfant. Regard et sourire d'innocence. Le monstre n'aura donc pas pitié [.] Lucifer le roman de l'énergie par Jean de la Hire dont Le Matin commencera la publication le 25 novembre". Le 22 novembre : "Vite! vite ! plus vite encore ! Le Nyctalope voudrait se déplacer aussi vite que l'électricité, aussi vite que la pensée ! Car l'infernale machine de Lucifer va plus vite que la lumière. Mais un voeu d'amour est plus rapide qu'un rayon de soleil, et l'amour est plus fort que la mort ! Vous pleurerez à la lecture de Lucifer roman d'amour qu'a écrit Jean de la Hire et que va publier Le Matin". Dans la dernière annonce datée du 24 novembre : Lucifer est présenté comme un roman scientifique d'aventures, "genre romanesque singulier et difficile, mais où Jean de la Hire se montre d'une adresse, d'une richesse d'invention et d'un talent inégalables pour éveiller et captiver l'intérêt du lecteur. [.] Jean de la Hire nous a-t-il donné là son premier chef-d'oeuvre ? Nos lecteurs en jugeront. Pour nous, qui avons lu le manuscrit avec une admiration, une avidité, un intérêt croissants, c'est avec confiance que nous offrons cet incomparable roman aux Lecteurs du Matin". A partir du 15 novembre elles sont illustrées de vignettes, probablement dues à Maurice Toussaint. Le roman paraîtra en deux volumes en 1922 chez J. Ferenczi dans la collection "Les romans d'aventures" n°10 et n°11 sous les titres Lucifer et Nyctalope contre Lucifer. Une annonce publicitaire dans le Matin du 27 juin 1922 annonce la parution du premier volume. On joint un exemplaire broché de l'édition originale de Lucifer (couverture illustrée par Gontran Ranson) et Nyctalope contre Lucifer (couverture illustrée). Quelques minimes manques au dos. Fragile, rare en aussi belle condition. En 1911, Jean de La Hire crée le personnage de Léo Saint-Clair, dit le Nyctalope, avec la publication du Mystère des XV. Après une tentative d'assassinat, il reçoit un cœur artificiel, et devient un héros vengeur doté d'une vision nocturne. Il est parfois considéré comme l'un des premiers super-héros de l'histoire de la littérature populaire. Dans Lucifer, la deuxième apparition du Nyctalope, et sans doute son plus grand combat, Léo se bat contre le diabolique Baron von Glô Warteck, dit Lucifer, dont les pouvoirs hypnotiques, amplifiés par son « télédyname, » sont capables d'asservir le Monde et qui détient en captivité dans son château de Schwalzrock, une femme dont Nyctalope est épris. Van Herp et A. Leborgne considèrent Lucifer comme l'un des sommets de l'œuvre de Jean de La Hire.
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Le Diable au corps

RADIGUET (Raymond) 19,5 x 13,5 cm, demi-chagrin bordeaux à coins sertis d'un double filet doré, dos à nerfs filetés, fleurons, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (reliure signée E. Hotat & fils), 1 f. n. ch., 238 pp., 1 f. n. ch. Édition originale du chef-d'oeuvre de l'auteur. Un des 50 ex. num. imprimés sur Hollande (après 15 ex. sur Japon impérial). L'exemplaire provient de la bibliothèque d'Anthony Hobson, ancien directeur en charge des livres anciens chez Sotheby's Londres, ardent bibliophile, auteur de nombreux ouvrages bibliographiques. Bel exemplaire. Provenance : Bibliothèque Anthony Hobson (ex-libris). Raymond Radiguet commença l'écriture du Diable au corps durant l'été 1921, stimulé par la compagnie de Jean Cocteau, à partir de notes prises en 1919, s'inspirant de la liaison qu'il eut adolescent pendant la guerre avec la femme d'un poilu. Le Diable au corps "chef-d'oeuvre de promesses", comme le qualifiait Cocteau, remporta un immense succès dès sa parution. Bernard Grasset fonda sa campagne sur le jeune âge de l'écrivain : "Quand j'ai lancé Radiguet, je n'ai pas dit : j'ai trouvé un grand romancier. J'ai dit simplement : j'ai découvert un romancier de dix-sept ans". Plusieurs associations d’anciens combattants s’insurgèrent contre cet ouvrage. Le scandale provoqué par le sujet du livre contribua également à son succès : 40.000 exemplaires tirés. Radiguet mourut cette même année.
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Tribulat Bonhomet

VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Auguste, de) In-18 (18,4 x 11,5 cm), plein maroquin brun, double filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, dentelle dorée intérieure, tranches dorées sur témoins, couverture conservée (P. L. Martin), VI pp. (faux-titre, titre, avis aux lecteurs), 2 ff. n. ch. (dédicace, errata), 286 pp. Édition originale de ce recueil de contes. Un des 10 exemplaires numérotés sur papier du Japon, seul grand papier avec 10 Hollande. Exemplaire truffé d'une lettre autographe signée de l'auteur, d'une page in-12, non datée, adressée à l'éditeur Alphonse Lemerre, comprenant également un post-scriptum autographe signé de Catulle Mendès. Villiers de L'Isle-Adam demande de l'argent et 12 exemplaires de son drame La Révolte, publié par Lemerre en 1870. Il se trouve à Weimar en compagnie de son ami Catulle Mendès, où ils doivent lire Tribulat Bonhomet devant le grand duc : "Mon cher Lemerre, De grâce, 12 Révolte ! Vite ! Et de l'argent si vous êtes riche ! Je lis demain toute la soirée au grand duc de Weimar, avec Catulle, Bonhomet ! Enfin on attend qu'un exemplaire pour traduire et jouer ici, à Varsovie et à St Pétersbourg et à Vienne ! Sacristi, je ne plaisante pas, vous dis-je. Le Czar est ici à la cour ! Le roi de Saxe va venir. Tout à vous, Villiers (Je suis littéralement sans argent, sans rien, - je n'aurai d'argent que vers le 15. - Et encore il faudrait que j'aille à Lille le prendre. - Si je reviens. - (Seulement ne parlez pas de cela, - pour que le grand duc ne soit pas traité de Parnassien). Je n'ai que le temps de vous dire cela. Voici l'adresse Marienstrasse, 88, à Weimar (Allemagne) (Pas un mot, de crainte des journaux. à personne n'est-ce pas! » Catulle Mendès ajoute : « Villiers ne plaisante pas. Le grand duc a exigé que Bonhomet lui fut lu par - lui-même. Catulle Mendès ». Superbe exemplaire relié par Pierre-Lucien Martin. Provenance: Charles Hayoit, avec ex-libris (cat. 2001, III, n° 679).
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Manet

MANET (Edouard)] BAZIRE (Edmond) In-8 (23,7 x 15,4 cm), demi-chagrin rouge, plats recouverts de toile rouge avec encadrement et ornements à froid, plat supérieur orné d'armoiries dorées, dos à nerfs fleuronné, tranches rouges, couv. non cons. (reliure de l'époque), 6 ff. n. ch. (faux-titre, portrait frontispice sur Japon et vélin, titre, facsimile d'une lettre à Mme Guérard), 150 pp., 1 f. n. ch. Rare édition originale de la première étude consacrée à Edouard Manet. Illustré de deux eaux fortes originales de Manet - L'Odalisque couchée (Harris 56) et La Convalescente (Harris 85) - publiées pour la première fois, 3 eaux fortes par Henri Guérard (portrait d'Edouard Manet, portrait de Mme Edouard Manet et paysage portuaire d'après Manet), 6 héliogravures d'après des oeuvres de Manet, de nombreuses reproductions dans le texte et un fac-similé d'une lettre de Manet à Madame Guérard. Un des 50 ex. num. imprimés sur papier du Japon (n° 32) contenant une suite sur Japon des 11 gravures. Reliure de l'époque armoriée de provenance belge avec la devise "L'Union fait la force". Quelques rousseurs affectant les serpentes et, comme très souvent, les marges des gravures tirées sur vélin. Coiffes et mors fendus en tête et lég. frottés. Le nom de l'auteur, a été mal orthographié par le doreur au dos, Bazire devenant Bazet. La suite sur Japon est en parfait état. Rare en grand papier avec la suite et en reliure armoriée de l'époque.
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L’Âme romantique et le rêve Essai sur le romantisme allemand et la poésie française

BÉGUIN (Albert) 2 vol in-8 (25,3 x 16,5 cm), brochés, couvertures imprimées, XXXI pp. (f. blanc, faux-titre, titre, dédicace, remerciements, introduction), 303 pp. (Tome I), 480 pp., 2 ff. n. ch. (Tome II). Edition originale de la thèse de doctorat de l'auteur, sa grande oeuvre. Exemplaire du tirage mis dans le commerce. Il fut également imprimés une édition remise comme thèse à la faculté de Genève sous le titre "Le Rêve chez les romantiques allemands et dans la poésie française moderne" et 10 ex. nominatifs sur vélin d'Arches. Envoi autographe signé de l'auteur : "A Benjamin Fondane / avec l'admiration de l'auteur / Albert Béguin". Tampon humide "Benjamin Fondane" sur le premier feuillet de chaque volume. On trouve sur les premiers et derniers feuillets de chaque volume de copieuses et importantes annotations autographes de Benjamin Fondane, rédigées au crayon, (équivalent de 4 pp. 1/2 in-8) relatives au rêve et à la poésie, aux rapport des romantiques à ceux-ci, à la condition de poète, aux réminiscences de la petite enfance, à la psychanalyse. L'ouvrage est également constellé de notes marginales de lecture au crayon. Petit manque en tête du second plat de couverture du premier volume, petits accrocs en tête et queue du second volume, dos lég. bruni, bel état intérieur. Très belle provenance. Les documents autographes de Benjamin Fondane (1898-1944) écrivain d’origine roumaine, mort à Auschwitz sont rares. Retranscription des annotations : "Combien plus poétique la conception des romantiques allemands et j'entends par poétique non pas plus alléchante, plus séduisante, plus motrice de rêverie, mais plus vraie. Ce n'est pas Breton qui aurait écrit la sérénité de l'inconscient. Dans ce cahier sur le romantisme celui de Caillois est le meilleur. Car il nie, alors que les autres n'affirment pas. Et s'il s'agit de quelque chose qui n'est pas vraie, mais seulement excitante d'idées, de sentiments, des choses vagues. Je suis d'accord avec Caillois; le mal qu'elle fait à la raison n'a pas d'excuse; mais si, par contre, elle est vraie, quelle honte que personne en fasse un vague excitant etc. Les romantiques sont trop pressés de nous dire ce que le rêve, ce que la poésie est. Ne serait-ce pas déjà quelque chose que de dire ce qu'ils ne sont pas ? De réclamer pour eux le droit de s'exprimer librement, d'être vrais, d'être ? Nous ne refoulons pas que des velléités sexuelles que la société et le sur moi ne tolèrent pas. Nous refoulons aussi (cf. Levy Bruhl) les mots et les pensées de notre mentalité pré-logique et mystique. Ils reviennent en (songe barré) rêve et en inspiration poétique - et nous restituent le monde périodique. Est-ce à dire que les primitifs ne rêvent pas des rêves ? Sans doute. Ils en sont séparés d'autant (du monde fluidique). Pour mieux exprimer cette idée je dirais que logiquement du temps du monde fluidique, l'homme ne rêvait pas ces sortes de rêve, ni ne parlait en poésie (Hamann [p.] 106). Le rêve - ce rêve - comme la poésie, sont donc le réservoir, et aussi le signe de l'homme déchu. Il fait de la poésie parce que déchu. C'est pourquoi aussi la poésie est à la fois divine et démoniaque. Ce qui nous rattache au monde fluidique ce n'est pas la matière du rêve, ces états de transe, mais, quel que soit le rêve sa structure. La poésie en son extrême - si elle touchait le but qu'elle poursuit - cesserait d'être poésie. La poésie est démoniaque dans ce sens qu'elle se [préfère?] qu'elle se veut elle-même et ne veut pas renoncer, se fondre dans la foi." Volume II : "Le retour à l'âge premier à travers les communications des rêves, c'est très bien. Dommage que le romantisme y ait mis tant de facilité. Trop de féerie, de dentelles, d'idylle, de perfection pour que cela soit vrai; Les souffrances, l'[?] de Dostoïevsky en est plus proche et Baudelaire plus proche que Jean-Paul. Il faut mesurer toute l'étendue de la séparation, sans quoi, c'est un âge d'or de lithographie. Trop de faux [.], de clinquant. Et il arrive aussi que la poésie jaillisse au moment même - et parce que à ce moment même - le poète pense, sent, ceci : et que m'importe donc la poésie ? Cette peur des poètes de l'enthousiasme, de la passion, de la souffrance vive - parce que c'est toucher par là aux limites de la poésie, en sortir. Et pourquoi ne pas en sortir ? Pour demeurer poètes ? Mais un poète l'est-il parce qu'il le veut ? Si j'avais à choisir d'être poète, le choisirai-je ? Je le suis malgré moi ; - mais non sans réflexion, lenteur, retour etc. Sans doute ! Mais cela aussi est malgré moi. Cette peur de tomber hors de la poésie. L'attirance aussi. Le merveilleux, l'effrayant, c'est que notre volonté n'y suffit pas. J'ai expérimenté cela plus d'une fois. Il est évident que la plupart de nos névroses sont des fixations infantiles; que l'enfance semble le leit-motive de toute notre vie mais est-ce en tant que première mémoire, en tant que créatrice d'habitudes, [la cire fondant plus vive?] des premières impressions? Là est la question. M. Freud lui-même parle de la pensée magique de l'enfant; quoi d'étonnant, alors que, devenu impuissant par le contact de la pensée rationnelle, l'homme rêve de retour à la pensée magique, du pouvoir ? Et, dans ce cas, est-ce à notre seule enfance que nous rêvons ? Et n'est-ce pas à un passé encore plus reculé ([Ludwig] Tieck) à l'enfance de l'homme - à l'âge d'or de l'humanité primitive et aussi au paradis ? Ce qui rend notre père, notre mère, des personnages énormes, ce ne sont pas les rapports sexuels, mais le fait d'avoir été fixés tels en notre esprit à l'époque de la pensée magique. Ce n'est pas tel ou tel acte qui a été refoulé - mais toute la structure de cette pensée. Ce qui guérit peut-être le psychanalysé c'est d'être pour fort longtemps replongé dans cette pensée par la complaisance que l'on a pour ses rêves, ses associations d'idées etc. par le bain qu'on lui fait prendre de pensée magique. Vérification du récit de la Genèse dans les contes du folklore : toujours la chute pour avoir