Galerie Paul Blaizot

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Né à Paris. 1839-1907. Poète. 6 L.A.S. « Sully Prudhomme » à un confrère. S.l.n.d. 8 pp. in-12 au total – 3 L.A.S. « Sully Prudhomme » au même. Paris, 2 juin 1882, 21 février et 6 mai 1886. 3 pp. in-8 et 1 p. 1/2 in-12.

SULLY PRUDHOMME (René François Armand Prudhomme, dit). Correspondance littéraire à un confrère : (Lundi, sans date) : .ne pouvant vous portez mes vers, je vous les envoie. Il y a deux petites pièces qui ne me déplaisent quà moitié, puis un poëme de deux cents vers que jai mis sur pied et achevé à votre intention. Il a plu beaucoup à quelques amis fort compétents à qui je lai lu hier. Peut-être le jugerez-vous peu propre à intéresser le public, toutefois votre public sera choisi et vous savez, par votre diction étonnamment distincte, faire tout comprendre, faites ce que vous croyez devoir le mieux réussir. très contrarié de navoir pas pu sentretenir avec lui au sujet de sa conférence, demande de lui en rappeler la date. - (Jeudi, sans date) : .Je viens de lire létude si intimement approfondie que vous avez faite sur moi. (samedi, sans date) : .Jaurais à vous communiquer quelques vers inédits ; je mapplique à achever deux ou trois pièces commencées depuis longtemps, jai à cœur de vous donner toute satisfaction. (Dimanche, sans date) : .Un mot en hâte, pour vous prévenir que je tiens mon sonnet sur la Fontaine de Jouvence. Dans quelques jours je pourrai vous lenvoyer. (2 juin 82) : .Il y a trop longtemps que je suis votre débiteur du sonnet que je vous envoie sous ce pli. Jaurais voulu vous loffir le lendemain même du jour où vous avez fait une conférence si bienveillante sur mes poésies ; mais jai été trop distrait pour pouvoir rimer. (21 févr. 86) : .Hélas ! Mon cher confrère, ma santé moblige encore à suivre un régime qui minterdit les diners en ville. (6 mai 86) : .Le Comité La Fontaine ma prié (depuis plusieurs jours déjà) de vous témoigner sa vive gratitude pour lactive obligeance que vous avez gracieusement mise à lui prêter le concours de votre autorité, de votre expérience et de votre talent dans la matinée du 27 avril dernier au Trocadéro (.). Vous naviez que trop bien prévu linsuccès de cette matinée au point de vue pécuniaire ; je nen ai pas été surpris ; plusieurs raisons lexpliquent aisément. Quoi quil en soit, le Comité ne se décourage pas et il espère que vous lui conserverez votre précieux appui au besoin. Jai été très contrarié de voir plusieurs artistes manquer de voitures à la sortie du Foyer et jai peur de ne leur avoir pas suffisamment présenté nos excuses.Lettre jointe signée « Pour Mr Sully Prudhomme, son secrétaire J. Bourgeois » (18 février 1904) : .Monsieur Sully prudhomme toujours souffrant et débordé par ses occupations, me charge de vous dire (.). Lentité cest pour une chose, le fait dexister indépendamment de ce quelle est. Lessence, cest ce quelle est.
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Né à Montaud (quartier de Saint-Etienne). 1842-1912. Compositeur français. Prix de Rome en 1863. L.A.S. Jules Massenet à Ambroise Thomas. S.l [Paris] 16 décembre 1866 [dimanche, 10 heures du matin]. 4 pages in-8.

MASSENET (Jules). TRÈS BELLE LETTRE ADRESSÉE À SON PROFESSEUR DE COMPOSITION ET MENTOR, AMBROISE THOMAS. Jules Massenet, marié, déplore dêtre privé de toute perspective professionnelle à Paris et songe à sexiler à Saint-Etienne où on lui promet une très belle clientèle délèves ( ) Ne croyez pas, Mon Maître, que cest du consentement de ma charmante femme que je veux accepter cette position elle fera tout pour men empêcher mais à Paris je ne puis être à charge à celle qui a montré tant dabnégation en renonçant à la fortune. Elle ignore mon opinion si triste de ma part Ma pension me sert à me soutenir mais jai tellement tenté toutes les occasions de me produire dans le monde. Jai été partout, obligeant comme musicien, complaisant de toutes manières Malgré tous ses efforts, le jeune compositeur na pas réussi à sassurer une position et cest pourquoi, dit-il, il abandonne la composition, lavenir en quittant Paris pour aller menterrer en Province où jespère, on me prendra pour ce que je suis jai fait pourtant tout pour arriver à me suffire jai démenti que jétais compositeur pour faire comprendre que jétais professeur on ne ma pas compris Il est bien triste de lui écrire tout cela et souhaite lui demander conseil : dites moi si jai tort ou si jai raison Dans un post-scriptum, il souhaite que ma chère femme ignore entièrement cette lettre elle en serait très peinée ( ) mais cest un ange comme cœur Lors de son séjour à Rome, Massenet avait épousé lune de ses élèves, Louise-Constance de Gressy (Melle de Sainte-Marie, dite), brillante pianiste que lui avait recommandée Lizt.Ambroise Thomas fit admettre et jouer La Grand Tante à lOpéra-Comique. (1867). Peu de temps après, Jules Massenet fit la connaissance de léditeur Georges Hartmann qui soutiendra sa carrière. Le compositeur naura pas à sexiler en province.
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Né à Bordeaux. 1885-1970. Romancier français. Prix Nobel de littérature en 1952. L.A.S. « François M. » à « Cher Jacques » [le père dominicain Jacques Laval]. [Paris], 9 février 1951. 4 pp. in-8.

MAURIAC (François). BELLE LETTRE OÙ MAURIAC TENTE DAIDER SON AMI JACQUES LAVALIl a tardé à lui répondre, trouvant difficile de lui parler de Sans Armure : .Songez que jai bien lu une demi-douzaine, même plus, de « moutures » différentes, quaucune na retrouvé, ni ne pouvait retrouver, la « verdeur » du premier jet. Je comprends les raisons qui vous ont fait supprimer la scène qui dominait tout et était la clef humaine de tout dans la montagne. À mon avis tous les changements apportés pour rendre le récit édifiant ne font quaccentuer et à rendre plus pénible léquivoque. Elle ne porte pas tant sur la nature des goûts du héros (.) mais sur lamour des hommes tel que le Christ nous la enseigné et lexige de nous. Il y a une perpétuelle confusion, à la fois voulue, absurde, qui fait le pathétique du livre, qui peut aussi en rendre la lecture douloureuse, intolérable. Mourir pour renaître et non pas renaître sans mourir sans mourir à ce goût des êtres pour eux-mêmes, voilà le dilemme, cher Jacques. Vous savez que je vous aime et que jaime votre livre dans la mesure où il est vous, et que je le déteste dans la mesure où il vous fait du mal, où il vous dessert, où il est cette dernière chose quil aurait fallu donner, quil ne vous sert à rien de ne pas avoir donnée.Il lui est impossible den parler directement, tout au plus pourrait-il le signaler : .je suis devant lui, hésitant et partagé. Je ne désire pas quon le lise parce que je vous aime et que je crains les commentaires et les erreurs de jugement à votre sujet. À mon avis, vos supérieurs auraient du (sic) lâcher du lest en ce qui concerne votre vocation décrivain, - mais vous obliger à laisser dans vos cartons cette œuvre là. Son conseil est de prendre du recul : .Mon petit Jacques, survolez ce livre. Cela au moins est acquis : il est sorti de vous. Cest une bouteille jetée à la mer avec votre pauvre secret sur un bout de papier rongé par le sel ah ! de vos larmes ! mais votre secret cest ce cœur insatiable ce cœur de chair qui ne peut se défendre des êtres de chair et de sang. Il le faut pourtant.
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Né à La Côte-saint-André. 1803-1869. Compositeur. Lettre Autographe Signée « H. Berlioz » à « Mon cher Albert » [Albert Du Boys]. Rome, 4 ou 5 mars 1832. 4 pages in-8. Ancienne Collection Alfred Cortot.

BERLIOZ (Hector) SUPERBE LETTRE SUR SA VIE PREMIER GRAND PRIX DE ROME EN 1830 AVEC SA CANTATE SARDANAPALE, BERLIOZ SÉJOURNE À LA VILLA MEDICIS (de décembre 1830 à novembre 1832)Berlioz le remercie de sa lettre qui lui annonçait son prochain mariage, il en connaissait déjà les détails, .Le mariage a fait depuis que jai quitté la France, une terrible déconfiture de mes amis. Vous êtes le septième. Le concernant, il se sent encore ébloui .des illusions de la 1re jeunesse et tache de me prémunir contre elles (.). Mais en tout cas je puis vous assurer que jamais je ne fus plus éloigné de menchaîner et quaucun engagement ne me paraît plus que celui du mariage incompatible avec mon humeur [la pianiste Marie-Félicité Moke avait rompu leurs fiançailles, pour épouser Camille Pleyel]. Depuis que jai recouvré ma liberté morale jai appris à lapprécier. Mon isolement même, mon exil en Italie, la privation des jouissances de mon art, la raréfaction de mon atmosphère intellectuelle, en me jettant dans la vie sauvage mont fait sentir tous les charmes de la liberté phisique absolue.Ne sachant que devenir ici, obligé dopter entre les sallons du grand monde et les stériles conversatione du petit, je menfuis aux montagnes où je passe une bonne partie de mon temps. Nobéissant quà mon caprice, un village mennuie-t-il ? Je vais dans un autre. Tantôt perché sur les roches nues de Civitella je salue avec amour la mer que japperçois à lhorizon, tantôt mon fusil à la main je redescends dans les plaines mener la délicieuse vie de chasseur errant ; indifférent à tout, sans inquiétude pour ma nuit, sûr de trouver toujours un gîte dans les innombrables cavernes dont tous les rochers sont percés, désireux daventures et par conséquent nen trouvant jamais ; un jour brûlé de soleil, un autre jour à demi mort de froid, mouillé jusquaux os, je circule dans toutes les directions poussé à lest à louest au sud au nord par le vent capricieux de ma fantaisie. Je reviens à Rome quand je nai plus dargent. Cest cette irrésistible raison qui my retient encore depuis quinze jours. (.). Vous rappellez-vous la ballade du Pêcheur de Goëthe dont vous mavez envoyé une traduction ? Je men suis emparé, pour un ouvrage dont jai écrit ici les paroles et la musique. Le sujet de votre petit poëme cadrant avec le mien je ly ai placé ; en indiquant toutefois que vos vers nétaient pas de moi. Je vous montrerai cette singulière composition à notre prochaine entrevue. Jaccepte avec grand plaisir votre invitation pour La Combe.Mon départ de Rome est fixé au 1er mai prochain ; je donnerai un croc en jambe au règlement de lAcadémie, et pendant que Mr Horace [Horace Vernet, directeur de lAcadémie de France à Rome] me croira à Milan ou à Venise, je serai en Dauphiné.Avant de quitter la povera bella Italia je reverrai Florence et Pise et jirai faire un pèlerinage à lîle dElbe et en Corse, puis je plongerai sur vous du haut des Alpes.Un peu avant les premiers jours dautomne de 1827, Berlioz assista, comme Vigny, comme Dumas, comme tant de jeunes Français qui découvraient Shakespeare, aux représentations des tragédiens anglais, et il se prit dune passion ardente pour Miss Smithson. Cet amour pour « Ophélie » eut pour premier effet de « centupler » ses moyens : il se produisit comme une poussée dinvention dont témoignèrent surtout la Symphonie descriptive et huit scènes de Faust, daprès la traduction de Gérard de Nerval. Mais, lactrice partie, le désespoir envahit lâme du jeune musicien. Les souffrances de lamoureux sirritaient encore, des déceptions qui commençaient à être le lot du compositeur. Sous linfluence dun pessimisme exaspéré, lauteur de la Symphonie descriptive, écrite dans une heure dallégresse, transformait cette œuvre et la faisait aboutir aux effets, quil jugeait « effrayants, » de la Symphonie fantastique. Nommé premier grand prix de Rome, à son cinquième concours, avec la cantate Sardanapale, Berlioz, chez qui la passion pour Miss Smithson semblait avoir cédé devant un goût très vif pour la jolie pianiste Marie-Félicité Moke, devenue sa fiancée, partit pour Rome après avoir fait exécuter, le 5 décembre 1830, la Symphonie fantastique, et gagné lamitié de Franz Liszt.Lantique proverbe : « les absents ont toujours tort » fut vrai une fois de plus. Marie-Félicité Moke se hâta doublier Berlioz. Au moment même où Berlioz désertait lÉcole de Rome pour revenir chercher en France lexplication du silence incroyable de sa fiancée, il apprenait quelle épousait Camille Pleyel (grand ami de Chopin), facteur de pianos. Tragique désespoir et suicide manqué, daucuns disent simulé ou, purement et simplement, imaginaire, dans le golfe de Gènes ; Berlioz fait un séjour à Nice apaisant et laborieux ; utilisation des douleurs récentes pour le Mélologue en six parties ou Retour à la vie, qui fera suite à la Symphonie fantastique, cette expression des anciens tourments. Après plusieurs excursions à Subiaco, à Naples, au Vésuve, aux ruines de Pompéi, Berlioz revient en France en novembre 1832. Durant son séjour à Rome, Berlioz pérégrina beaucoup et composa relativement peu : « Il faut, on le voit, renoncer à peu près à entendre de la musique, quand on habite Rome ; jen étais venu même, au milieu de cette atmosphère anti-harmonique, à nen plus pouvoir composer. Tout ce que jai produit à lAcadémie se borne à trois ou quatre morceaux : 1° une Ouverture de Rob-Roy, longue et diffuse, exécutée à Paris un an après, fort mal reçue du public, et que je brûlai le même jour en sortant du concert ; 2° la Scène aux champs de ma Symphonie fantastique, que je refis presque entièrement en vaguant dans la villa Borghèse ; 3° Le Chant de bonheur de mon monodrame Lélio que je rêvai, perfidement bercé par mon ennemi intime, le vent du sud, sur les buis touffus et taillés en muraille de notre classique jardin ; 4° cette mélodie qui a nom La Captive, et dont jétais fort loin, en lécrivant, de prévoir la fortune » (Mémoires, Hector Berlioz)Plusieurs de ses ouvrages porteront néanmoins l'empreinte de l'Ita
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Né à Givet. 1763-1817. Compositeur français, le plus important compositeur d’opéras pendant la révolution, il est l’un des fondateurs du Conservatoire de Paris. On lui doit le Chant du Départ. L.A.S. « Mehul » à l’abbé Faucheur ( ?). S.l.n.d. 3 pp. in-4. Trace de cachet de cire noire. Marques postales.

MEHUL (Etienne Nicolas). BELLE LETTRE DU « COMPOSITEUR-HORTICULTEUR » QUI, SELON SON AMI CHERUBINI, QUITTA PARIS POUR « SE DÉLASSER DE SES TRAVAUX ET SOIGNER LES ŒILLETS, LES OREILLES DOURS ET SURTOUT LES RENONCULES, LES JACINTHES ET LES TULIPES, SES FLEURS LES PLUS FAVORITES ».Méhul le remercie vivement pour .les oreilles dours et les tulipes que vous avez eu la bonté de madresser. Le tout en très bon état. Mais il lui sait gré aussi de son .aïmable lettre du 9 septembre. Elle ma fait un extrême plaisir en moffrant la certitude que vous consentiez a correspondre avec moi (.). Je vous sais un gré infini davoir renoncé pour me faire plaisir au systême par trop rigoureux que vous avez de point admettre de nouvelles tulipes dans vos parcs. Je crois que nous en avons quelques unes qui vous paraitront intéressantes, et qui par leur présence varieront vos plaisirs. (.) Il règne ici depuis quelques années une grande émulation pour la culture de cette fleur. Nous avons des amateurs fort riches qui dépensent beaucoup dargent pour se procurer tout ce que la Hollande et la Belgique proposent de plus beau. Outre leur commun intérêt pour la botanique, ils ont un autre .rapport ensemble par votre goût pour la musique. remarque Mehul avec plaisir, promettant de composer pour lui .des duos pour la clarinette et le violon, ou pour la flûte et la clarinette. (.) je tâcherai de les rendre chantants et faciles. Je mestimerai heureux si vous avez autant de plaisir à les jouer que jen aurai à vous les offrir et a varier de tems en tems votre répertoire. Il termine en lui demandant de surseoir à lenvoi de plantes car .elles seraient trop avancées pour reprendre surement. et dattendre un futur envoi au printemps prochain.
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Né à Rome. 1852-1905. Explorateur italien, naturalisé français, officier de marine. L.A.S. « Pierre Savorgnan de Brazza » à « Mon cher Decazes». S.l., 4 juillet 1883. 2 pages in-8.

SAVORGNAN DE BRAZZA (Pierre). Il écrit Je crois que, sans grande difficulté vous pourrez remonter jusque chez les Oscanda par terre avec partie de votre monde jaurai hate que vous veniez dans le Haut du fleuve. Je suis en bonne santé mais Mabru qui sétait chargé de nos provisions nous fait mourir ensemble de faim. Jai du le renvoyer à votre disposition ( ) Je le laisse entièrement à votre appréciation Pierre Savorgnan de Brazza, issu dune famille patricienne de la République de Venise entre à 17 ans à lÉcole Navale (Paris), en sort enseigne de vaisseau et embarque sur la Jeanne dArc pour lAlgérie.En 1874, il remonte deux fois le fleuve Ogooué, et souhaite lexplorer jusquà sa source. Il part donc en expédition de 1875 à 1878 et réussit à nouer de bonnes relations avec la population locale. Lors dune seconde mission (1879-1882), autorisée par le gouvernement français, il atteint le fleuve Congo en 1880. Il propose au roi Makoko, roi des Tékés, de placer son royaume sous la protection de la France. Poussé par des intérêts commerciaux et le désir daffaiblir ses adversaires, le roi signe le traité, permettant ainsi un établissement français à Nkuna sur le Congo, qui deviendra Brazaville. Savorgnan de Brazza ouvre ainsi la voie à la colonisation française en Afrique Centrale. Nommé en 1885 commissaire général du Congo Français, sa personnalité complexe et ses succès lui vaudront aussi des inimitiés.
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Né à Lançon-Provence. 1872-1900. Poète et critique d’art français.L.A.S. « Emmanuel Signoret » à « Cher poëte et cher ami » [Édouard Ducoté, directeur de la revue L’Ermitage]. Cannes, sans date [26 mai 1899]. 6 pp. grand in-4 et 1 p. in-8. Enveloppe avec timbre et marques postales.

SIGNORET (Emmanuel). SUPERBE ET RARE LETTRE DE CE JEUNE POÈTE IDÉALISTE, ATTEINT DE TUBERCULOSE, MORT À LÂGE DE VINGT-HUIT ANS.Le poète regrette de navoir pu aux heures sublimes et brusques de Paris, lier votre esprit et le mien par les nœuds nobles et brillants dune connaissance plus solide Il espère que ces choses ne seront que différées. Le Tombeau de Mallarmé vous révèlera mieux et plus à nu limmortelle et sympathique splendeur que voile le marbre de mes jeunes tempes. LErmitage a reçu ce trésor inépuisable de lumière et si, courageusement, cest la meilleure part quelle a choisi(e), celle-ci ne lui sera plus ôtée. Jai beaucoup à vous remercier cher Ducoté Il lui reproche cependant Pourtant pourquoi cette légère faute envers lavenir. Pourquoi ne pas mettre noblement en tête du fascicule la seule œuvre de notre splendide année dont on puisse affirmer sans possibilité derreur dirait Descartes que cest un incorruptible chef-dœuvre. Vous savez mon amour pour vous tous : Griffin, Rebell, Gide, Jammes, vous et Ghéon. Vous connaissez mon ardent sentiment littéraire pour le tendre et affolé Gide (.). Relisez ce drame du malade sublime des Nourritures et de Paludes. Relisez ensuite les strophes profondes et salubres de notre jeune Goethe rayonnant (.). Si jexige la première place ce nest que parce que jaime le style des actions et parce que je vous admire et préfèrerais misoler que voir de délicats et authentiques esprits classer mal un génie où Apollon entier brûle avec tout le sang riche, complet et joyeux des Gaules ! Notre amitié sera fertile en clartés Comme Rodin et beaucoup plus que ce maître je suis « un candidat de lavenir » Il donne quelques nouvelles 1) Ma maladie a pris fin. 2°. Mon enfant vient de naître. Cest un nouveau chef-dœuvre de plastique (.). Lhorizon sembellit et se rapproche ! Mais ces charges sont lourdes pour un Cellini dont un siècle obscur sait à peine apprécier les joyaux sculptés. Nous voilà à Cannes pour nous y fixer. Ma femme va travailler et jaurai quelques leçons. Mais nos meubles sont restés à Nice. Si en ce moment délicat vous me trouvez cinquante francs, je vous jure, cher poète, denvoyer à lErmitage une merveille à la date que vous me fixerez Emmanuel Signoret fonde en 1890 la revue Le Saint-Graal. Il publie plusieurs recueils de poésie parmi lesquels Le Livre de lamitié (paru en 1891, dédié à Verlaine) ou La Souffrance des eaux, recueil couronné par lAcadémie française en 1899. Le Tombeau dressé à Stéphane Mallarmé paraît dans la revue de son ami poète Ducoté, lErmitage (volume XIX, juillet-décembre 1899, pp. 199-205). Édouard Ducoté, finance la revue LErmitage et en prend la direction en 1896. Il forme avec Henri Ghéon et André Gide un trio damis unis par la découverte de la Méditerranée et la pensée de Nietzsche.
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Née à Fougères. 1806-1883. Comédienne française, elle fut la compagne de Victor Hugo pendant plus de 50 ans. LA.S. « Juliette » à Victor Hugo. S.l., 19 novembre, mercredi soir 6h ½, sans date (1842 ?). 4 pp. in-8.(trace d’ancien montage sur onglet).

DROUET (Juliette) Dans toutes ses lettres damour à Hugo, Juliette Drouet semble être lincarnation même de lamour : .Te voilà parti (.), emportant avec toi ma joie et mon bonheur (.). Tu as beau e?tre silencieux et travailler sans rela?che aupre?s de moi je suis heureuse parce que je te vois et que je respire le me?me air que toi. Je te baise des yeux et de la?me. Je te parle tout bas enfin je trouve moyen de?tre la plus heureuse des femmes quand je suis aupre?s de toi me?me quand tu ne ten doutes pas (.). Je vous ai trouvé bien coquet pour un homme qui travaille. Je me méfis un peu de ces barbes si bien faites, de ces cheveux si bien peignés par la pluie le vent et la boue quil fait. Il faudra que je vous surveille un peu de près pour savoir à qui sont destinées ces merveilles du barbier et du coiffeur réunis. Vous savez maintenant ce que cest que mon grand couteau prenez garde de faire plus intimement connaissance avec lui. Mon Victor bien aime?, mon petit homme ravissant je taime noublie pas c?a malgre? que je te le rappelle trop souvent. Viens le plus to?t que tu pourras. C'est à l'occasion de la lecture de Lucrèce Borgia, au début de l'année 1833, que Juliette Drouet rencontre Victor Hugo : elle participe au succès de la pièce en interprétant le rôle de la Princesse Négroni. La date de leur première nuit d'amour - 16 février - sera celle de Marius et Cosette dans Les Misérables.Juliette Drouet fut la grande passion amoureuse de Victor Hugo durant cinquante ans. Elle représentait, non seulement une compagne de vie dévouée, mais aussi une aide précieuse pour Hugo dans son travail de copie de ses manuscrits. Au fil des jours, elle laissa un témoignage précieux, sur Victor Hugo et sur elle-même, à travers notamment sa correspondance quotidienne (elle était une remarquable épistolière). Ayant très vite abandonnée sa carrière théâtrale, Juliette Drouet ne vécut que grâce à la générosité de son mentor.
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Né à Paris. 1846-1915. Journaliste à la Tribune, puis rédacteur en chef de La Justice (journal fondé par Clemenceau). Député, puis sénateur des Bouches-du-Rhône. Ministre de la Marine dans le gouvernement Combes (1902-1905). M.A.S. « C. Pelletan », intitulé « Après le vote ». S.l.n.d. [juillet 1909]. 2 pp. grand in-4.

PELLETAN (Camille). « .Il y a encore dans les maux profonds du peuple, un sentiment de moralité que détruit hélas ! trop vite au palais Bourbon le microbe des couloirs. »Pelletan rend compte du combat à la Chambre qui vit saffronter Clemenceau et Briand. Mis en minorité, par son propre camp, Clemenceau fut contraint à la démission ; le Président Fallières fit appel à Briand pour lui succéder en juillet 1909, Au cours de ce triste débat, nous avons eu un moment despoir : Clémenceau, le vieux Clémenceau des anciens jours, semblait sêtre retrouvé. On a eu pendant lheure quil a parlé à la tribune, limpression quil sétait chargé lui-même, de faire la réponse quappelait lincroyable discours de M. Briand ( ). La politique de M. Briand qui lemporte. Quelle est-elle ? Il ne la pas caché. Assurément, il navait pas grande répugnance à en dissimuler quelque chose ; sil navait tenu à dire tout, pour se concilier les sympathies de ses nouveaux amis. Plus de bloc [alliance des gauches réalisée par Jaurès], les ennemis sont à gauche. Dans un mot qui résume tout son discours, il a parlé de l « imprévoyance de la politique républicaine depuis dix ans ». Ce quil condamne, ce nest pas seulement la politique du cabinet Combes : cest celle de Waldeck-Rousseau. Tout ce quon a fait pour lunion de toutes les forces mises à la démocratie, a été une longue erreur. Cette erreur, M. Briand a reçu de la Providence la mission de la réparer. Telle est limpression du centre : telle paraît limpression dune grande partie des radicaux ; je dirais : de presque tous, si les votes étaient conformes aux convictions Car Je nai pas besoin de dire pourquoi une telle politique est la mort des réformes, la mort du programme radical socialiste, la mort du vieux parti républicain ( ). Quil plaise aux radicaux du parlement de faire de cet « idiot dégrisé » linstrument de la rupture du bloc, le gouvernant chargé dincommoder les socialistes dont il était hier un des plus violents, - tant pis pour les Chambres, et pour lhonneur du régime parlementaire ! - Il y a encore dans les maux profonds du peuple, un sentiment de moralité que détruit hélas ! trop vite au palais Bourbon le microbe des couloirs ( ). Jamais je nai éprouvé un si profond sentiment de déchéance morale, quen entendant certains de mes amis applaudir M. Briand 18960