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Librairie Amélie Sourget

Diaspora arménienne]

Diaspora arménienne]

Barsoumian, Yervant Armenian Disapora. Rare and sought-after first edition of this extremely rare collection of poetry by Armenian author Yervant Barsoumian. A beautiful and moving copy signed by the author and preserved in publisher s boards. [Diaspora arménienne]. Aleppo -Latakia: r-Sahakean, 1944. In-8 de (1) f., 126 pp., (2) ff. Cartonnage de l éditeur avec couvertures imprimées, dos de toile noire, qq. taches. Reliure de l éditeur. Edition originale de cette très rare collection de poèmes. PRECIEUX EXEMPLAIRE ENRICHI D UN ENVOI SIGNE DE L AUTEUR. Original Armenian poetry published in Aleppo and Latakia with a striking proto art deco cover. Signed by the author. An extremely rare collection of poetry by an Armenian author Yervant Barsoumian (1910-1977) was printed in Aleppo and was published by the author in Latakia, Syria. Barsoumian, who was working as an engineer for Régie des Tabacsat the time, designed the book in a stunning proto art deco style himself. Only two series of poetry appear to be known by the author. Published in Beirut after his death in 1979. Yervant Barsoumian died in New Jersey in 1977. Depuis le premier tiers du XIXe siècle, l Arménie et les Arméniens sont partagés entre les trois Empires Ottoman, russe et perse. La question arménienne s internationalise au Congrès de Berlin (1878). La montée des revendications, l apparition d un mouvement révolutionnaire arménien sont à l origine de la répression de l Etat hamidien. Les massacres de 1894-1896, ceux d Adana en 1909 provoquent un réflexe de fuite des Arméniens Ottomans vers le Caucase, le Liban, l Egypte, la Bulgarie, la France, les Etats-Unis. Les déportations et les massacres ordonnés pendant la première guerre mondiale par le gouvernement jeune-turc au printemps 1915 entraînent, après l extermination de plus de la moitié des Arméniens de l Empire Ottoman, la « déterritorialisation » des survivants. Il s agit bien d un génocide même si le terme n existe pas avant 1944 et n est pas défini par l ONU avant 1948. C est dans les péripéties de la Révolution russe et dans les derniers épisodes de la guerre que sont jetées les bases d une minuscule république d Arménie indépendante (28 mai 1918). Centrée autour d Erevan, l Arménie est reconnue par la conférence de la paix. Le génocide de 1915 est une catastrophe sans précédent dans l histoire du peuple arménien. Exemplaire signé par l auteur conservé dans sa belle reliure d éditeur, tel que paru. The book is very rare. The central register of Armenian libraries records the book with no registered examples. No copy listed in Worldcat.
Les oeuvres

Les oeuvres

Viau, Théophile de Première édition collective originale des oeuvres de Theophile de Viau présentant la célèbre Lettre de Theophile à Guez de Balzac, relatant la haine des deux anciens amants. « Selon Henri Mondor, une brouille, peut-être par quelques points comparable à celle de Verlaine et de Rimbaud, sépara Théophile de Viau de Guez de Balzac ». Rouen, Jean de la Mare, 1629. VIAU, Théophile de. LES UVRES DE THEOPHILE, divisé en trois parties. La premiere contenant l immortalité de l Ame, avec plusieurs autres pièces. La seconde les Tragédies. Et la troisiesme, les pièces qu il a faictes pendant sa prison, jusques à present. De plus est augmenté la Lettre contre Balzac, avec la Solitude du Sieur S. Armand uvre d excellente invention. Didiees aux Beaux Esprits de ce temps. Rouen, Jean de la Mare, 1629. 3 parties en un volume in-8 de (8) ff, 319, 160, 203 pp. Vélin ivoire, restes de liens, piqûre à quelques feuillets, qq. trous de vers marginaux sans atteinte au texte. Reliure de l époque. 165 x 105 mm. PREMIERE EDITION COLLECTIVE ORIGINALE DES UVRES DE THEOPHILE DE VIAU A PRESENTER « la fameuse lettre de Theophile contre Balzac » (F. Lachèvre. Recueils collectifs de poésies libres. Paris 1914, p. 375). Très rare, elle manque à la B. n. F. et Tchemerzine, ne l ayant jamais vue, en donne une collation très erronée, omettant de mentionner l existence des parties II avec 160 pages et III avec 203 pages (Tchemerzine, V, 863). F. Lachèvre cite « la fameuse lettre de Theophile contre Balzac » parue dans Discours d Aristarque à Nicandre. Rouen 1628. Seconde édition mais il n a jamais connu l édition originale de cette lettre. « Nous n avons pas rencontré la première édition du Discours d Aristarque qui doit contenir l édition originale de la fameuse lettre de Theophile contre Balzac » (F. Lachèvre). Cette Lettre de Théophile contre Balzac qui termine ici le volume compte parmi les uvres puissantes de la littérature française. Elle relate, sans complaisance aucune, la haine de deux auteurs contemporains qui avaient été amants : Théophile et Guez de Balzac. Dans l Avertissement au lecteur, l éditeur relate la découverte de cette lettre et affirme que l édition ne fut pas imprimée à Rouen : « Ami lecteur, je te donne aujourd hui une lettre de Theophile contre Balzac, elle avait été mise dans l oubli de ses ennemis, tu la jugeras digne d être imprimée dans ses uvres pour le contentement des curieux, qui font profession de l éloquence française. Le Paladin Javersac en a bien fait son profit contre Narcisse et Philarque dont il en a reçu une honnête récompense de son travail, il est comme les laquais derrière leur maître Son livre n a point été imprimé à Rouen, comme il le met au frontispice, ç a été à ses dépens qu il a été imprimé ; lit & juge cette lettre. Ton serviteur Theophile de l autre monde ». La célèbre querelle des Lettres mettait essentiellement en scène Theophile, Balzac et le Père Garasse. « La première trace imprimée de réaction au recueil des Lettres de Balzac consiste en une réplique de François Garasse aux critiques railleuses que Balzac, dans ses Lettres, avait énoncées contre la Doctrine curieuse des beaux esprits de ce temps, le pamphlet anti-libertin (et visant directement Théophile) qu'avait publié le jésuite en 1623-1624. C'est à son style violemment « satyrique » et à sa virulence passionnelle que s'en était pris Balzac, dans une missive prudemment cantonnée sur le plan de la critique de la forme et de l'expression, non sans écho avec l'actualité, cependant, puisqu au moment où paraissent les Lettres, Théophile est encore en prison. Balzac entreprendrait-il de défendre le poète, qu'il avait bien connu ? Sa démarche est complexe car loin de rejoindre les partisans de celui-ci, les Lettres donnent au contraire à lire, parallèlement aux attaques contre Garasse, deux lettres qui le prennent violemment à parti. En fait, dans le contexte d'inquiétude qui marque les milieux lettrés au moment où la menace qui pèse sur T
L'Annae Senecae Philosophi

L’Annae Senecae Philosophi

Sénèque Les oeuvres de Sénèque reliées en 1628 par Macé Ruette (1606-1638) pour Habert de Montmort (1600-1679) membre de l Académie Française. Provenances : Habert de Montmort (1600-1679) ; Duc de Chartres ; Pierre Bérès ; André Langlois (ex-libris). Amsterdam, 1628. SENEQUE. L ANNAE SENECAE PHILOSOPHI. Opera omnia et M. Annaei Senecae Rhetoris quae extant. Amsterdam, Apud Guili, Cecsium, 1628. In-16 de (6) ff., 609 et 221 pp., (3) ff. Titre gravé. Maroquin rouge, au centre des plats : médaillon quadrilobé portant le chiffre et quatre fermesses frappés or, bordé de quatre gerbes de pointillés dorés dans un encadrement de filets dorés droits et courbes avec des fleurons frappés or aux angles, dos à nerfs orné de fleurons dorés en pointillé, filet doré sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées. Reliure de l époque de l atelier Macé Ruette. 126 x 69 mm. EXEMPLAIRE REGLE AU CHIFFRE DE H.-L. Habert de Montmort. « Macé Ruette (1584-1644) commença son apprentissage de relieur en 1598 chez Dominique Salis. En 1606 il ouvrit son propre atelier ; de 1629 à 1634 il fut administrateur de la Confrérie des libraires, imprimeurs et relieurs. A la mort de Clovis Eve en 1634 il reçut le titre de « Relieur du Roi », charge qui passa, à sa mort en 1644, à son fils Antoine. Son activité semble s'être arrêtée en 1638. Il avait édité quelques volumes de sainteté (peu, à vrai dire) et ouvert son propre magasin de librairie dans la rue Saint-Jean-de-Latran près de la Fontaine Saint-Benoît. Jusqu'en 1620 le style des reliures de Macé Ruette se limitait aux modèles conventionnels de l'époque : « fanfares », « losange et écoinçons » et « encadrements à la Duseuil ». C'est un peu après 1620 que le jeune Habert de Montmort (1600-1679) commença une collection d'elzéviers qu'il achetait et faisait relier par Ruette au fur et à mesure de leur publication. Cela est un fait facilement vérifiable car selon la date du livre on peut suivre certains changements dans les fers de la décoration, tandis que le style restait le même. J'ai pu étudier trente-cinq de ces petits volumes, portant des dates allant de 1620 à 1634 : de 1620 à 1630 le fleuron du cadre intérieur est un petit vase garni de fleurs ; après 1630 il est remplacé par un fer à gerbes plus important. Changements aussi dans les roulettes intérieures : un modèle disparaît en 1629, remplacé par un second qui dure jusqu' en 1634, tandis qu'un troisième apparaît en 1633. Autre fait plus étrange : la qualité du maroquin suit aussi une évolution : rugueux et de couleur rouge noirâtre au début, il passe à un beau grain lisse et d'une couleur agréable après 1625-1626. Si je m'attarde si longuement sur ces petits volumes et cherche à démontrer la date de leurs reliures c'est parce que celles-ci marquent les tout premiers essais de décors à fers pointillés. C'est un essai encore bien timide du décor « à gerbes », décor qui, sous une forme plus élaborée, devait bientôt tenir une place primordiale dans la reliure pendant cinquante années. Les reliures de Ruette sont de styles très variés ; en général il excelle mieux dans les petits formats que dans les folios surtout lorsqu'il mélange dans ceux-ci fers pleins, fers pointillés et branchages ! » (R. Esmerian). Henri-Louis Habert, seigneur de Montmort, conseiller au Parlement de Paris (1603-1679) fut l ami de Mlle de Gournay et de Gassendi qui habita et mourut chez lui et dont il publia les uvres en six volumes in-folio, en les faisant précéder d une Préface latine. Ami et admirateur de Descartes, il fut un protecteur éclairé des sciences et des lettres. Montmort avait fait revêtir ses livres d une reliure attribuée à Macé Ruette (1584-1638), relieur ordinaire du Roi. PRECIEUX ET BEL EXEMPLAIRE IDENTIQUE AUX SIX EXEMPLAIRES DE LA BIBLIOTHEQUE R. ESMERIAN. Référence : Paris Palais Galliera, 8 décembre 1972, n° 8, 9, 10, 11, 12 et 13 adjugé en moyenne 1 000 chacun il y a 47 ans.
Listoire et faits du tres-preux noble & vaillant Huon de Bordeaux

Listoire et faits du tres-preux noble & vaillant Huon de Bordeaux

Huon de Bordeaux L’édition ancienne la plus illustrée de Huon de Bordeaux (27 bois gravés) dont les éditions citées par Bechtel ne sont connues qu’à 2, 3 ou 4 exemplaires complets. Remarquable exemplaire, le seul répertorié complet en vélin de l’époque. HUON DE BORDEAUX. LISTOIRE ET FAITS DU TRES-PREUX NOBLE & VAILLANT HUON DE BORDEAUX, Pair de France, & Duc de Guyenne. Histoires comprinses en deux livres, contenant autant beaux & recreatifs discours, & gestes memorables que l’on aye veu iusques à present. Rouen, chez la Veuve de Louys Coste, demeurant à la rue Escuyere, aux trois couronnées [vers 1625]. In-8 de 421 ff. Vélin, dos lisse. Reliure de l’époque. 160 x 104 mm. L’EDITION LA PLUS ILLUSTREE DE Huon de Bordeaux AVEC 27 GRAVURES SUR BOIS. « Rare Rouen edition of the popular story of Huon de Bordeaux. Huon is a knight who, after unwittingly killing Charlot, the son of Emperor Charlemagne, is given a reprieve from death on condition that he fulfills a number of seemingly impossible tasks : he must travel to the court of the Amir in Babylon and return with a handful of the Amir's hair and teeth, kill the Amir's mightiest knight, and three times kiss the Amir's daughter, Esclarmonde. All these Huon eventually achieves with the assistance of the fairy king Oberon. Ill. with 24 woodcuts in text (incl. repeats). Large woodcut on title, part title and at the end » (Goldsmith (BL) H-688. – Not in BnF, Le livre Populaire). Fort rare édition en prose imprimée en lettres rondes à Rouen cité par Brunet (III, 382). Elle est ornée d’une gravure sur bois illustrant un chevalier répétée sur chacun des feuillets de titre ainsi qu’au verso du feuillet final et de 24 gravures sur bois dans le texte, certaines répétées, mettant en scène le roman de Huon de Bordeaux. « Toutes ces éditions sont plus ou moins rares », mentionne Brunet. Huon de Bordeaux, roman de chevalerie est une chanson de geste du XIIIè siècle, qui mélangeait à la matière épique le merveilleux breton et oriental, racontait les aventures et le voyage en Orient de Huon, baron de Charlemagne, accompagné du nain Obéron, à l'origine d'un cycle formé de plusieurs poèmes. La version en prose imprimée, qui comprend le roman et ses suites provenant d'un remaniement bourguignon de 1455 dont on ne possède aucun manuscrit, a connu de nombreuses éditions à partir de celle de Michel Le Noir de 1513 et ensuite dans la Bibliothèque bleue jusqu'au XIXè siècle. « Autour de la chanson de Huon de Bordeaux, écrite en pays picard entre 1260 et 1268 (M. Rossi), s'est constitué dans la seconde moitié du XIIIè siècle un cycle qu'un manuscrit de Turin daté de 1311 nous livre à peu près au complet en 32 000 vers environ. L 'œuvre connue sous le titre de Huon de Bordeaux (10 553 v.) a connu une fortune enviable. Très tôt pourvue de plusieurs suites et d'un prologue, mise en alexandrins d'abord (14 796 vers dans le manuscrit Paris, BN, fr. 1451), puis, au XVè siècle, en une prose qui sera imprimée au XVIè, elle connaîtra sous ce nouvel aspect, et jusqu'en 1859, au moins 32 éditions, rééditions ou réimpressions. En Angleterre, elle fournira à Shakespeare, pour le Songe d'une nuit d'été, le personnage d'Obéron, elle inspirera Geoffrey Chaucer, Spenser, Ben Johnson. En Allemagne, Wieland y puisera à pleines mains pour écrire son Obéron, d'où l'on tirera un livret que viendra parer la musique de Weber. Ce qui a dû charmer dans l’œuvre, ce qui nous ravit encore, c'est l'extraordinaire mouvement du récit, l'aisance avec laquelle le merveilleux y est mêlé au quotidien et, enfin, le relief et la véracité des caractères. L'Histoire commence sous Charlemagne. Auberon est le prologue de Huon de Bordeaux. Au petit roi qui, dans le poème initial, se présentait déjà comme le fils de Jules César et de la fée Morgue, sœur du roi Arthur, l'auteur a eu pour souci principal de forger une généalogie prestigieuse. La plus grande originalité de Huon de Bordeaux réside dans la combinaison harmonieuse, par un séduisant conteur
Elemente und Üsprunge totaler Herschaft

Elemente und Üsprunge totaler Herschaft

La publication de L’Origine du totalitarisme a provoqué un retentissement mondial. Rare édition originale allemande en partie originale du célèbre essai d’Hannah Arendt sur le totalitarisme, texte majeur du XXe siècle. Bel exemplaire conservé dans sa reliure et jaquette d’éditeur, tel que paru. ARENDT, Hannah. ELEMENTE UND USPRÜNGE TOTALER HERSCHAFT. Europäische Verlagsanstalt, Frankfurt am Main, 1955. In-4 de XV et 782 pp., (1) f. Toile rouge, titre doré au dos, auteur et titre dorés sur le plat, exemplaire complet de sa jaquette illustrée d’éditeur. Reliure de l’éditeur. 240 x 145 mm. RARE EDITION ORIGINALE ALLEMANDE ET EDITION EN PARTIE ORIGINALE DU CELEBRE ESSAI SUR LE TOTALITARISME D’HANNAH ARENDT, CE TEXTE MAJEUR DU XXE SIECLE. Il n’a pas été tiré de grands papiers. « Il y a quelques années, Hannah Arendt a publié à New York et Londres son ouvrage tout d’abord rédigé en anglais. Lorsqu’elle l’a maintenant traduit en allemand, sa langue maternelle, elle a, avec son sens constamment alerte, complété, amélioré, raccourci ici ou là un livre dans l’ensemble inchangé. [ ] Naturellement, je préfère l’édition allemande. [ ] La manière de penser est d’origine allemande et universelle, formée à l’école de Kant, Hegel, Marx et des sciences allemandes de l’esprit, ensuite pour l’essentiel à Montesquieu et Tocqueville. Cette manière de penser participe de cette ouverture splendide qui a parfois surgi de l’esprit allemand » (Karl Jaspers). La publication de ce premier livre L’Origine du totalitarisme a provoqué un retentissement mondial. « Publié en 1951, cet ouvrage de la philosophe Hannah Arendt (1906-1975), est constitué de trois volets : Sur l’antisémitisme ; l’Impérialisme ; Le Système totalitaire. Il ne s’agit pas d’un ouvrage d’histoire, au sens traditionnel du terme [ ] Parce qu’il s’agit précisément de penser l’impensable, d’« expliquer » l’inexplicable, Hannah Arendt récuse, face à la « terrifiante originalité du totalitarisme », le recours aux séquences historiques traditionnelles et à la causalité linéaire. Les trois phénomènes abordés – antisémitisme, impérialisme, totalitarisme - ont ceci de commun que leur nouveauté radicale ne se laisse pas réduire à des formes déjà recensées ou répertoriées dans l’histoire. ( ) Les analyses d’Arendt ont exercé une influence considérable sur toutes les interprétations ultérieures du phénomène totalitaire » (Dictionnaire des œuvres). Dans la préface à la première édition de la version allemande des Origines du totalitarisme, Hannah Arendt explique sa manière de procéder pour passer de l’anglais à l’allemand : « Ceci est la version allemande du livre The Origins of Totalitarianism, qui est paru au printemps 1951 en Amérique. Ce n’est pas une traduction du texte anglais fidèle au mot près. J’ai encore écrit certains chapitres en allemand puis traduit plus tard en anglais ; dans ces cas, j’ai inséré le texte original [ ] ». « Hannah Arendt est l'une des intellectuelles les plus importantes du XXe siècle. Son œuvre irrigue tant la philosophie que la politique et l'éthique. Penseuse des chaos du monde et militante antinazie de la première heure, elle fut à la fois une combattante des droits de l'homme, une théoricienne des périls qui menacent la démocratie, une penseuse de l'antitotalitarisme et une femme engagée dans les principaux combats du siècle » (Laure Adler). BEL EXEMPLAIRE, CONSERVE DANS SA RELIURE D’EDITEUR AVEC SA JAQUETTE D’ORIGINE, TEL QUE PARU. Aucun exemplaire n’est répertorié sur le marché public international depuis le début des relevés, il y a 35 ans (ABPC).
Les Satyres

Les Satyres

Regnier, Mathurin « Le plus grand poète satirique de langue française au temps du roi Henri IV ». « Très rare » (Tchémerzine) édition originale des satires XIV à XVII conservée dans son ancienne reliure armoriée. Paris, 1613. REGNIER, Mathurin (1573- 1613). LES SATYRES du Sieur Régnier. Reueuës & Augmentées de nouveau. Dédiées au Roy. Paris, Toussaincts du Bray, ruë sainct Iaques, aux Espics meurs & en sa boutique au Palais, en la gallerie des prisonniers. M.DC.XIII. Avec privilège du Roy (1613). In-8 de (4) ff., (100) ff., le dernier chiff. 93. Basane brune granitée, dos à nerfs richement orné et armorié au « Lion passant », tranches mouchetées, petite déchirure marginale aux trois derniers feuillets sans atteinte à la lisibilité du texte. Reliure armoriée de la fin du XVIIe siècle. 155 x 105 mm. EDITION ORIGINALE, FORT RARE, DES SATIRES XIV, XV, XVI ET XVII DE MATHURIN REGNIER, « le plus grand poète satirique de l’époque » (Pascal Debailly). « Cette quatrième édition originale est augmentée des Satires XIV, XV, XVI, XVII qui paraissent ici pour la première fois et de neuf pièces gaillardes. Elle est très rare » (Tchémerzine V-385) [Bibl. Nat. Res. Ye 7516] ». En fait, les trois éditions originales des Satyres de Regnier (1610 avec X Satyres – 1612 avec XIII satyres et 1613 – la présente édition avec XVII Satyres) sont de la plus grande rareté. Parmi ces trois éditions nous n’avons, en plus de trente ans, catalogué qu’un seul exemplaire de l’édition de 1608, en reliure moderne, ainsi décrit par le bibliographe « Le Petit » : « Cette édition de Régnier est d’une très grande rareté. Elle contient seulement un Discours au Roy et dix satires (Satyres I à IX ; plus la XIIè). Outre l'intérêt littéraire que présente cette édition originale d'un de nos plus vifs satiriques, on peut la considérer comme une curiosité « bibliophilique » de premier ordre. Nous ne connaissons dans les bibliothèques particulières d'autre exemplaire que celui qui figure, au milieu de bon nombre de trésors du même genre, dans la collection de M. le baron de Ruble. La Bibliothèque de l'Arsenal en possède un exemplaire. Nous ne trouvons pas trace de ce livre dans une vente publique récente. Ce qui est certain, c’est qu’il a une très grande valeur ». « Mathurin Régnier n’est pas seulement le plus grand poète satirique du début du XVIIe siècle, il incarne comme aucun autre l’esprit de la satire classique en vers, même aux yeux de Boileau, qui se voudra modestement son disciple. Il naquit à Chartres, en 1573, alors que les guerres de Religion faisaient rage. Son père Jacques Régnier fut échevin en 1595. Sa mère Simone Desportes était la sœur du célèbre Philippe Desportes, qui allait jouer un rôle décisif dans sa carrière. Desportes inculqua au jeune homme les rudiments du métier poétique et ne cessa de lui prodiguer conseils et encouragements. Au moment du combat contre Malherbe, Régnier déclarera fièrement : « Je vay le grand chemin que mon oncle m’apprit « (Sat. IX, v 96). Mathurin fut tonsuré en 1582. Puis il entra, grâce à Desportes, au service du cardinal François de Joyeuse, qui fut nommé en 1587 protecteur des affaires de France à Rome. Régnier sut gagner l'amitié de protecteurs influents comme Adrien de Montluc, comte de Caramain, par l'entremise duquel il fut peut-être initié aux idées subversives de Giulio Cesare Vanini. Il fréquente aussi le baron de Fourquevaux, qui appartenait à la maison de la reine Marguerite, le peintre Martin Fréminet ou encore Philippe de Béthune, le frère du ministre Sully, qu'il rencontre à Rome. Régnier finit par quitter son cardinal, vraisemblablement en 1605. Il s'installe dès lors dans la région parisienne. Il fréquente la somptueuse maison de son oncle Desportes à Vanves, dont l'autorité poétique est fortement remise en question par François de Malherbe. Invité à Vanves, vers la fin de 1605, Malherbe offensa Desportes, en déclarant qu'il préférait son potage à ses Psaumes. Régnier fut chargé par son oncle de laver l'affron
Die Niemandsrose

Die Niemandsrose

Édition originale de cet important recueil de Paul Celan « sur le destin juif, emblème du tragique de l'histoire contemporaine ». Précieux exemplaire enrichi d’un envoi de l’auteur au critique littéraire et philosophe Yvon Belaval, conservé dans sa toile d’éditeur et dans sa jaquette, tel que paru. CELAN, Paul. DIE NIEMANDSROSE. Frankfurt, S. Fischer verlag, 1963. In-8 de 95 pp. Toile grise d’éditeur, jaquette conservée. 207 x 132 mm. EDITION ORIGINALE RARE ET RECHERCHEE DE CE GRAND RECUEIL DE PAUL CELAN SUR « sur le destin juif, emblème du tragique de l'histoire contemporaine ». Exemplaire enrichi d’un envoi de l’auteur au critique littéraire et philosophe Yvon Belaval. "With the publication of "Sprachgitter" (1959) and "Die Niemandsrose" (1963) , Celan's work moved into a second phase. These two central collections marked the height of his undisputed acclaim in the German-speaking world. For reasons that have to do not only with his subsequent development but with the almost exclusively political and social interests that became predominant in West German literature in the later sixties and early seventies, fewer and fewer of his readers and critics were prepared to follow him into what they regarded as the increasingly private world of his later poetry." (Michael Hamburger, Introduction to his translations of Celans "Poems", 1989, p. 20). La Rose de personne (Die Niemandsrose) est un recueil poétique de Paul Celan. « Poète juif de langue allemande et de nationalité française, Paul Celan, très peu d'années après sa mort, occupe déjà une place de tout premier plan dans la littérature mondiale. Issue de l'après-Auschwitz, son œuvre pose quelques-unes des questions majeures de notre temps » (Martine Broda). Ce livre « sur le destin juif, emblème du tragique de l'histoire contemporaine » est dédié à la mémoire du poète russe Mandelstam. Outre ses qualités littéraires, cet ouvrage est reconnu pour sa poésie philosophique, comme le montrent par exemple les commentaires que Jacques Derrida a faits de certains de ses extraits. En outre, comme le reste de l’œuvre de Paul Celan, ce recueil trouve une grande partie de son inspiration dans la Shoah, et a ainsi pu être interprété comme un possible élément de dialogue avec Vladimir Jankélévitch, ou encore comme un défi à Theodor W. Adorno, d'après qui « écrire un poème après Auschwitz est barbare, car toute culture consécutive à Auschwitz n'est qu'un tas d'ordures », et aux conférences parisiennes duquel a assisté Paul Celan. « La patrie des Juifs a été transportée par les nazis dans le néant. La place de la thématique juive, plus importante que dans d’autres recueils, s’explique par une volonté suscitée sans doute par l’incompréhension, d’aller plus loin dans l’engagement aux côtés des Juifs contre toutes les priorités traditionnelles, grecques ou holderliniennes, qui ont sombré dans le massacre qu’elles ont contribué à produire ». « Celan a vécu l’Holocauste des Juifs, dans lequel ont péri ses parents, comme une nuit absolue qui anéantit toute possibilité d’histoire et de vie véritable, et il a plus tard expérimenté l’impossibilité de s’enraciner dans la civilisation occidentale. Sa poésie se penche sur les bords du silence, c’est une parole arrachée à l’absence de parole, et qui est le fruit de cette absence, du refus et de l’impossibilité de communiquer dans le mensonge et l’aliénation. Ses vers difficiles sont tissés, avec une extrême hardiesse de vocabulaire et de syntaxe, de ces négations, de ces dénégations qui expriment le seul sentiment qui puisse authentiquement exister. Celan a disparu dans la nuit, dans les eaux de la Seine où il a cherché la mort. Un de ses vers dit : “Je fais de la lumière derrière moi”; la poésie est cet éclair qui indique l’endroit où il a disparu, en emportant ses vers » (C. Magris, Danube, Paris, L’Arpenteur, 1988, p. 393-395). BEL ET PRECIEUX EXEMPLAIRE DE CETTE RARE ET IMPORTANTE EDITION ORIGINALE, ENRICHI D’UN ENVOI DE L’AUTEUR ET
Finnegans wake

Finnegans wake

Joyce, James Édition originale française de Finnegans Wake, le dernier chef-d’œuvre de James Joyce. Séduisant exemplaire appartenant au tirage de tête, non rogné et non coupé, très pur, conservé dans sa brochure de l’éditeur, tel que paru. JOYCE, James. FINNEGANS WAKE. Paris, Gallimard, 1982. In-8 de (1) f. bl., (3) ff., 650 pp., (1) p., exemplaire broché, non rogné et non coupé. 215 X 146 mm. EDITION ORIGINALE FRANÇAISE DE Finnegans Wake, LE DERNIER CHEF-D’ŒUVRE DE JAMES JOYCE. L’UN DES 88 EXEMPLAIRES DE TETE, NUMEROTES, IMPRIMES SUR VELIN D’ARCHES ARJOMARI-PRIOUX. “The Wake has passages of unearthly beauty (particularly the last page) and huge comic scenes " (Connolly). “The first thing to say about Finnegans wake is that it is, in an important sense, unreadable. In order to pay it the attention it so impertinently and endlessly demands, the reader must forego most of the conventions about reading and about language that constitute him/her as a reader. Joyce’s last great work is an extraordinary performance, a transcription into a miniaturized form of the whole western literary tradition ( ) The language of the Wake is a composite of words and syllables combined with such a degree of fertile inventiveness that new sounds and new meanings are constantly ingeminated”. « Toute œuvre de Joyce est si étroitement liée aux précédentes que son mouvement propre trouve place dans le vaste rythme d’ensemble : Portrait de l’artiste en jeune homme était déjà virtuellement dans Dublinois et Ulysse dans Portrait de l’artiste ; Finnegans Wake enfin dans Ulysse. Ulysse apparaissait comme une somme : état de veille à son extrême, communion du matin, pesanteur de midi, examen de conscience et chute du soir. Le livre s’arrêtait au seuil de la nuit. Avec Finnegans Wake, nous franchissons le seuil. En ce sens on peut dire que Finnegans Wake est un livre de complément et ferme le cercle ( ) La langue de Finnegans Wake est liquide comme le fleuve qui en est le thème, mais en même temps si étroitement liée aux profondeurs du livre qu’elle en est aussi à la fois le roc, le sol nourricier et la sève » (Dictionnaire des Œuvres). SEDUISANT EXEMPLAIRE, NON ROGNE ET NON COUPE, TRES PUR, A L’ETAT DE NEUF, CONSERVE DANS SA BROCHURE DE L’EDITEUR, TEL QUE PARU. A PRECIOUS AND APPEALING COPY, UNTRIMMED AND UNCUT, KEPT AS ISSUED, OF THE AUTHOR’S DEFINING MODERNIST EXPERIMENT.
L'Iliade

L’Iliade

Homère Précieuse édition de l’Iliade imprimée en 1604 par les Estienne à Genève conservée dans sa superbe reliure de Présent de l’époque ornée d’un ravissant décor à la fanfare. Genève, Paul Estienne, 1604. HOMERE. HOMERI POEMATA DUO, Ilias. [Genève]. Paul Estienne, 1604. In-16 : L’Iliade, complet en (4) ff., 963 pp., (2) ff. bl., 67 p. (comprenant Coluthus et Tryphodorius), (2) ff. bl., (7) ff., (1) f. bl. Maroquin rouge, décor à la fanfare, médaillon en réserve au monogramme RR et quatre fermesses, décor de caissons en pointe ornés de rameaux d’olivier, traces d’attaches, dos lisse à décor similaire, tranches dorées. Reliure française de l’époque. 120 x 78 mm. CHARMANTE EDITION BILINGUE EN GREC ET LATIN, DONNEE PAR PAUL ESTIENNE (1566-1627) à Genève. Deuxième édition de l'Iliade donnée par les Estienne, elle donne la version latine de l'humaniste greco italien Francesco Porto éditée par son père Henri II en 1589, dont Paul Estienne retranche les Centones, mais à laquelle il ajoute Coluthus (le Rapt d'Hélène) et Tryphodorius. Renouard, Annales de l'imprimerie des Estienne, p. 197, n° 17 ; Fred Schreiber, The Estiennes, n° 218. On ne trouve que très rarement les deux tomes de L'Iliade et de L'Odyssée ensemble (rares exemplaires complets : Göttingen et British Library ; l'exemplaire de Cambridge est incomplet de l'index du tome I). Tout comme pour l'édition de 1588-1589, il est presque certain que les volumes se vendaient séparément. « This is the first volume of Estienne’s very rare edition of Homer, of which there is no copy either in the Paris Bibliothèque Nationale or in the Geneva Bibliothèque Publique et Universitaire ; at the turn of the century the thorough bibliographer Emile Legrand could locate only two copies to examine for his Bibliographie hellénique. The two volumes were undoubtedly available separately and this first volume is complete in itself, consisting of the entire Iliad, and of Estienne’s prefatory material : his preface to the reader, dedicatory espistle to Charles Baron of Zerotin, and his preface to Homer. This is the only separate edition of Homer issued by Henri Estienne, and is based on the text of his Poetae Graeci Principes (n° 160) ; it is here accompanied by a facing Latin translation, believed to be by the Cretan scholar Franciscus Portus, who held the chair of Greek in Geneva until his death, in 1581 ; Portus’s translation is thoroughly revised by Estienne himself.” (Schreiber, 218). « Le sujet central de l’Iliade est un épisode de la guerre de Troie (ou Ilion) : la colère d’Achille. Preuves tangibles de l’emprise persistante du poème homérique sur l’imagination de l’Occident moderne, les éditions, les traductions et les œuvres inspirées de ce texte fondateur n’ont cessé de se succéder depuis la Renaissance. On devine aisément les raisons de cette fortune sans pareille, quand, embrassant l’Iliade, d’un seul regard, on voit s’y mêler les grands enjeux de l’existence et de la nature humaine avec une intensité et des effets de complémentarité saisissants : ainsi l’agressivité (colère d’Achille) dont les rebondissements apparemment inépuisables ne trouvent leur apaisement – et l’œuvre sa fin – que dans la pitié (Achille reconnaît à Priam le droit de reprendre possession du corps de son fils) ; ainsi également l’évidence du tragique qui entoure le destin des personnages, mais la non moins forte évidence d’un amour puissant de la vie qui s fait jour dans les conduites du héros homérique » (F. T.-P.) PRECIEUX ET FORT BEL EXEMPLAIRE EN MAROQUIN DORE A LA FANFARE, DE L'EPOQUE. Dites « fanfares tardives », ces reliures mêlent aux éléments typiques des fanfares du XVIe siècle des fers nouveaux et plus de liberté dans le dessin des caissons. Reliure de transition, elle doit être datée entre 1604 et 1610, années charnières où la fanfare laisse progressivement la place aux compartiments à fers pointillés des grands ateliers parisiens Florimond Badier, Le Gascon. REMARQUABLE EXEMPLAIRE DE PRES
Enfance

Enfance

Sarraute, Nathalie Enfance : édition originale du chef-d’œuvre de Nathalie Sarraute. Très bel exemplaire appartenant au tirage de tête, conservé broché, non coupé, tel que paru. SARRAUTE, Nathalie. ENFANCE. Gallimard, 1983. In-8 de 257 pp. Exemplaire broché, non coupé. 217 X 147 mm. EDITION ORIGINALE DU CHEF-D’ŒUVRE DE NATHALIE SARRAUTE. L’un des 37 exemplaires sur vélin d’Arches, seul grand papier. Il porte le n°16. « Le chef d’œuvre de Sarraute est également un art poétique. Il est unique. C’est une purification, voire une distillation au sens alchimique du mot, de ses écrits antérieurs. Mobile, lucide et poétique, sans le moindre pathos, Sarraute permet au lecteur d’absorber et de savourer les mots/objets/sensations qui tapissent ses souvenirs, d’autant plus puissamment qu’à travers ses affres Sarraute s’est humanisée. On sent le sang s’échauffer dans Enfance, jamais ouvertement, mais de façon nuancée, en profondeur, du fait qu’il est issu d’une expérience vécue réellement et non d’une construction intellectuelle. L’alchimiste Sarraute a créé sa Pierre Philosophale » (Bettina Liebowitz Knapp). Enfance est un récit autobiographique de Nathalie Sarraute, relatant ses 12 premières années. L’auteur engage un dialogue avec elle-même, à la recherche de souvenirs enfouis. Le narrateur et son double tentent de rédiger une autobiographie, la plus objective possible. L’auteure, enfant, est déchirée entre deux pays, la France et la Russie, et entre ses deux parents divorcés. Sa mère vit avec Kolia, et son père avec Véra. Depuis Moscou, Natalya fait le voyage vers Paris avec sa mère. Puis, sa mère décide de retourner en Russie, laissant Natalya avec son père, qui s’est installé en France pour des raisons politiques. L’enfant se sent abandonnée, mais ne peut le dire, redoutant la force des mots : dire les choses les fait exister. Elle veut faire exister une mère aimante, conforme à toutes les mères. Elle entretient avec son père une relation tendre et complice où les non-dits leur servent souvent de langage. Celui-ci, depuis son remariage, s’interdit une trop grande proximité avec sa fille. Natalya semble le comprendre et parvient à ressentir, au-delà des mots, l’amour de son père. Elle doit construire sa place dans cette famille recomposée entre son père, sa belle-mère et sa demi-sœur, Hélène. Nathalie Sarraute construit son récit à partir de fragments de souvenirs, d’images et de situations qui l’ont marquée. Elle ne fait pas un récit exhaustif de son enfance. Au fil des pages, la narratrice est interpellée par son double qui la met en garde contre toute dérive romanesque. Le récit s’achève à l’entrée en sixième de la petite Natalya : « C’est peut-être qu’il me semble que là s’arrête pour moi l’enfance ». L’une des originalités de ce récit réside dans le dédoublement de la narratrice. Deux « voix » dialoguent, qui représentent l’une et l’autre l'auteur, mais qui incarnent des postures différentes à l’égard du travail de mémoire. L’une de ces voix assume la conduite du récit, l’autre représente la conscience critique. Selon les moments, cette seconde voix freine l’élan de la première, la met en garde contre les risques de forcer l'interprétation ou inversement la pousse à l'approfondir. Grâce à ce système des deux voix, nous avons deux livres en un : d'une part un récit d'enfance, de l'autre un témoignage sur la méthode d’investigation du passé élaborée par l’auteur pour déjouer les pièges traditionnels de l'entreprise autobiographique. TRES BEL EXEMPLAIRE, APPARTENANT AU TIRAGE DE TETE, CONSERVE BROCHE, NON COUPE, TEL QUE PARU.
Libro

Libro

Argote de Molina Edition originale du premier livre espagnol sur la chasse dans le Nouveau Monde ornée de 35 gravures sur bois. Edition originale « fort rare » (Souhart), présentant la première gravure de chasse au taureau dans un livre imprimé. Bel exemplaire de la bibliothèque A. de Melotte de Lavaux. Seville, 1582. ARGOTE DE MOLINA (Gonzalo). Libro, dela Monteria que mando escrevir el muy alto y muy poderoso Rey Don Alonso de Castilla, y de Leon, Vltimo deste nombre. Acrecentado por Gonçalo Argote de Molina. Dirigido A la S.C.R. M. del Rey Don Philipe Segundo. Nuestro Seňor. Impresso en Sevilla, por Andrea Pescioni. Aňo 1582. Con Preuilegio de su Magestad. In-folio de (6) ff., (91) ff., (1) f. bl., 24 ff., figures sur bois. Maroquin noir, plats richement ornés de frises dorées entrelacées, fleurons d angles, dos à nerfs orné de double filets et fleurons dorés, double filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées, qq. ff. brunis, infimes mouillures marginales à . Reliure signée de Weckesser. 289 x 199 mm. FIRST EDITION OF THE FIRST SPANISH BOOK ON HUNTING AND ALSO THE EARLIEST ABOUT HUNTING IN THE AMERICAS WITH 35 WOODCUTS THREE OF THEM REPRESENTING HUNTING SCENES IN THE AMERICAS. Palau, 16167 ; Alden / Landis, 582/4 ; Escudero (Sevilla), 726 ; Salvá, 2635 ; Schwerdt, I :44 ; Souhart, 24 ; Pettegree, IB 7790 ; Gutierrez de la Vega 115; Harting 242; Streeter 4080. The core of the text was written in the 14th c. at the request of Alfonso XI of Castile (1310-1350). This is the 1st printed edition, considerably enlarged by the Spanish humanist historian Gonzola Argote de Molina (1548-1596). Molina added the section « Discurso », which contains chapters on hunting elephants in India and Africa and bison in Poland. It also includes 3 chapters on hunting in the New World, in Peru (Chaco, ch. 35), Mexico (Oxio, ch. 36) and the « Indias Ocidentales », the West Indies (Santo Domingo, Cuba, Tierra Firme and New Spain, ch. 37). These chapters describe the hunting of some of the curious animals of the Americas, like guanaco, vicunas and ostrich (rhea) in Peru, leopard or puma, and wild boar in Mexico, and wild bull in Venezuela and Cuba. 3 woodcuts represent such huntings. The 35 ills (18 different images, some recurring) were created by Juan de Arfey Villafane (1535-1603) or Mateo Pérez de Alesio (1547-1628). The image of the bullfight (Discurso f. 9v [i.e. 14V] is considered to be the 1st printed representation. Woodcut mark on 91V and at end. Text printed in two columns. Harting describes this as one of the rarest of Spanish books on the chase ; Souhart as « livre fort rare ». That it is held in high esteem is proved by Gutierrez de la Vega placing it at the head of all Spanish classics in his « Biblioteca Venatoria » and reprinting a new version of it based on five of the many original manuscripts written between A.D. l342 l350. The author, according to Gutierrez de la Vega, was King D. Alfonso XI. de Castilla e de Leon. The work is the earliest Spanish treatise on the subject, and the edition the first recorded (Schwerdt). « Livre fort rare sur l ancienne vénerie espagnole écrit vers 1340. L ouvrage d Argote de Molina a été réimprimé à Madrid en 1882, petit in-8, et forme le quatrième volume de la « Biblioteca Venatoria » ; le « Libro della Monteria d'Alphonse XI » réimprimé également séparément en 1877, forme les deux premiers volumes de la même collection éditée chez Tello par les soins de S. Don Guttierez de laVega. » (Souhart). « Dans la Description raisonnée d une jolie collection de livres par Ch. Nodier, 1844, in-8, n°158, on lit la note suivante, au sujet du Libro de la Monteria : « Livre plus rare que ne parait le supposer M. Brunet, qui l indique comme assez rare seulement, parce qu'il s'en est trouvé chez sir R. Heber cinq ou six exemplaires, ou plutôt cinq ou six débris d'exemplaires, destinés à en faire un bon. C'est probablement sur un de ceux-là que M. Brunet a décrit l'ouvrage, qui se compos
Les Oeuvres

Les Oeuvres

Marot, Clément « Clément Marot, seule lumière en ses ans de la vulgaire [= française] poésie » (Ronsard). Précieuse édition en partie originale des uvres de Clément Marot donnée par Estienne Dolet en 1543. Remarquable exemplaire conservé dans son vélin ivoire de l époque, à grandes marges. Marot, Clément. Les uvres augmentées d ung grand nombre de ses compositions nouvelles, par cy devant non imprimées. Lyon, Estienne Dolet, 1543. 2 parties en 1 volume in-8 de (304) et (76) ff., caractères ronds. Vélin ivoire, dos lisse, tranches ciselées d un treillis de filet doré enfermant des fleurettes dorées. Reliure de l époque. 152 x 100 mm. Édition en partie originale, « la troisième publiée par Etienne Dolet, avec l autorisation de Clément Marot. Elle contient en plus des précédentes la traduction de vingt psaumes nouveaux - ce qui en porte le nombre à cinquante -, le Second livre de la Métamorphose d Ovide, et six nouvelles dont on trouvera le détail dans le catalogue Herpin, n° 36. - Voir aussi le cat. H. de Backer, n° 220 » (Tchémerzine). « 3ème édition de Dolet, tout aussi rare que les précédentes ; les additions forment une partie nouvelle de 76 ff. ; au v° du 76ème se trouve la marque de Dolet. » (Brunet, III, 961) L Épistre du Coq en l Asne envoyée à Lyon Jamet de Sansay en Poictou, qui avait été supprimée dans l édition de Dolet en 1542, est publiée ici dans la seconde partie. Outre ces adjonctions, Marot a apporté des changements importants dans les pièces anciennes ; ainsi sa traduction des 30 premiers psaumes a-t-elle été complètement remaniée. Marque d Étienne Dolet sur le titre et au verso du dernier feuillet. « Ce qui donne du prix et une grande valeur littéraire à cette édition d Estienne Dolet, ce sont les « Compositions nouvelles » qui y ont été ajoutées par le poète. « Chantez-nous Non pas du sérieux, du tendre, ni du doux ; Mais ce qu en français on nomme bagatelle, Un jeu dont je voudrai Voiture pour modèle, Il excelle en cet art : Maître Clément et lui S'y prenaient beaucoup mieux que nos gens d aujourd hui » (La Fontaine). Précieux exemplaire à grandes marges (hauteur : 158 mm) conservé dans son vélin de l époque, condition la plus enviable, fort rare. La librairie Sourget n a jamais catalogué l édition de Dolet de 1543. En mai 2000, il y a 19 ans, elle présentait deux exemplaires de l édition Dolet de 1542 de valeur semblable le premier relié en basane épidermée de l époque [n° 42 95 000 FF (environ 14 500 )], le second relié par Capé en maroquin du XIXe siècle [n° 43 75 000 FF (environ 11 500 )].
Les méditations métaphysiques

Les méditations métaphysiques

Descartes Rare édition originale française des Méditations Métaphysiques revue et corrigée par Descartes. Bel exemplaire conservé dans sa fine reliure de l’époque. Descartes, René. Les Méditations métaphysiques touchant la première philosophie, dans lesquelles l’existence de Dieu, & la distinction réelle entre l’âme & le corps de l’homme sont démontrées. Parie, la veuve Jean Camusat et Pierre le Petit, 1647. In-4 de (8) ff., 606 pp., (1) p. Veau moucheté glacé, double filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de double filet et fleurons dorés, tranches mouchetées. Reliure de l’époque. 244 x 180 mm. Rare édition originale française des Méditations métaphysiques revue et corrigée par Descartes. Tchemerzine, II, 782 ; A.J. Guibert, 46-48 ; Brunet, II, 610. « Descartes a revu lui-même la traduction française des Méditations et a éclairci des passages un peu obscurs en latin » (Tchemerzine). « L’auteur a revu cette traduction, s’y est corrigé lui-même et a pris soin d’y éclaircir quelques passages dont le sens n’était pas assez net dans le latin » (Brunet). « La très belle adaptation que [Descartes] a lui-même proposée de la version latine de ses Méditations » (En Français dans le texte). Œuvre majeure de Descartes, Les Méditations sont importantes comme exposé de la métaphysique cartésienne et comme fondement du rationalisme de l’auteur. « Les Méditations exercèrent une influence décisive ; non seulement elles introduisaient un nouveau critère de la vérité et plaçaient la raison au centre même de l’intuition de la vie, s’insurgeant contre les prétentions et l’autorité de la tradition et de la coutume mais encore elles soulevèrent certains problèmes des plus importants de la métaphysique. Elles furent un ferment actif pour la pensée philosophique postérieure, suscitant derrière elles des partisans acharnés ou des adversaires : Malebranche, Spinoza, Leibniz, Locke, Berkeley, Hume, jusqu’à ce que la conciliation de l’intellectualisme et de l’empirisme fut accomplie grâce à l’œuvre de Kant. A ce titre, Descartes peut être considéré comme l’initiateur de la philosophie moderne ». Par sa foi en l’unité de la science et en son pouvoir, Descartes englobe de façon raisonnée et très cohérente l’ensemble du savoir humain, l’unifie, en le subordonnant à l’existence d’un créateur. Par son explication rationnelle de la nature, il se révèle comme le grand précurseur du rationalisme moderne. « René Descartes est surtout connu comme l’initiateur de la pensée moderne » (H. Méchoulan). « Irrémédiable fondateur d’une nouvelle vision du monde, Descartes porte l’art de penser à son faîte, s’avançant le premier, frayant à la philosophie sa voie, rompant et inaugurant » (Yves Peyré, En français dans le texte.) Bel exemplaire conservé dans sa fine reliure de l’époque.
La découverte australe

La découverte australe

Restif de la Bretonne Restif de la Bretonne, Nicolas-Edmé. La découverte australe par un Homme-volant ou Le Dedale français ; Nouvelle très-philosophique : Suivie de la Lettre d’un Singe, &c. Leipsick (Paris), 1781. 4 volumes in-12 ; brochures d’attente roses, exemplaire non rogné. Brochure de l’époque. 180 x 110 mm. Édition originale de La Découverte australe, « l’un des plus rares ouvrages de l’auteur » (P. L. Jacob). Rive Childs, 278-280 ; Lacroix, 198-207 ; Cohen, 886 ; Sander, 1693. Précieux exemplaire de premier tirage, non cartonné, complet du faux-titre daté dans le premier volume et du texte. « Le faux-titre daté manque dans presque tous les exemplaires, qui ne portent alors aucune date » (P. L. Jacob). La plupart des exemplaires ont subi des mutilations exigées par la Police. Restif a dû supprimer absolument les pages 337 à 422, c’est-à-dire cinq des Diatribes qui suivaient celle intitulée l’Homme de nuit, la seule qui ait trouvé grâce devant la Censure. Les autres parurent sans doute trop satiriques. « Les ff. 337 à 422 manquent souvent, supprimés par la police » (Sander). « Les exemplaires où se trouvent les feuillets 337 à 422, contenant cinq diatribes dont la suppression fut ordonnée par la police, sont fort rares, suivant P. Lacroix » (Cohen). Exemplaire appartenant au premier tirage, complet du texte. Non cartonné, notre exemplaire possède l'Avis de l'Éditeur en cinq pages (au lieu de trois pour les exemplaires cartonnés, les pages 16 et 17 ayant été supprimées) et est complet de toutes les diatribes. L'Homme-de-nuit, commence bien à la page 328 et non au milieu de la page 326 (exemplaires cartonnés). La Découverte australe est ornée de vingt-trois gravures de Louis Binet. Cet ouvrage, qui est un des plus rares de ceux de l’auteur, ne fut publié qu’en 1781, et sans doute après des lenteurs et des difficultés de la part de la censure et de la police. L’abbé Terrasson, censeur, quoique très bien disposé pour Restif, lui écrivait le 3 octobre 1780 : « Quant à votre Découverte australe, il n’y a pas beaucoup de corrections à faire dans les deux premiers volumes, mais dans les deux autres il y en aura de très considérables. Il ne me sera guère possible, par exemple, de vous passer la Lettre d’un singe. Il faudra la refondre en grande partie, et cette refonte obligera de changer beaucoup de choses dans le quatrième volume, où, indépendamment de ce qui est une suite de cette Lettre, vous avancez des propos trop hardis. Tout cela demande un travail considérable et m’engage à vous forcer d’attendre mon retour à Paris, où je vous ferai part de mes observations. Les deux premiers volumes réussiront, mais les autres vous feraient des ennemis et des contradictions ». La Découverte australe est l'un des ouvrages les plus singuliers dans l'œuvre de Restif. Utopie et ouvrage précurseur de la navigation aérienne, ce roman est contemporain des récits de voyage si nombreux au XVIIIe siècle, notamment ceux de Cook, Bougainville ou La Pérouse, et pose la question philosophique d'une utopie qui prend la forme d'un bonheur imposé à tous. « Cet ouvrage, un des plus singuliers que Restif ait écrits, est fort recherché, non seulement par les rétiviens mais aussi par des collectionneurs de livres sur les utopies et l’aéronautique. Il est vraiment remarquable que Restif ait porté ses recherches sur la manière de voyager dans les airs trois ans avant la découverte des frères Montgolfier ; il est encore remarquable que Restif ait prévu un véhicule pouvant rouler sans chevaux. Dans l’intérêt de la paix il propose une association des nations européennes » (Rive-Childs). Superbe exemplaire, à toutes marges, entièrement non rogné, conservé dans ses brochures d’attente de l’époque, tel que paru.
Fables

Fables

La Fontaine La Fontaine, Jean de. Fables choisies, mises en vers par M. de La Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1668. In-4 de (28) ff., 284 pp., (1) f., (1) f. bl. Maroquin vert, large dentelle dorée encadrant les plats, dos à nerfs orné, double filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure de Trautz-Bauzonnet. 232 x 171 mm. « Édition originale des Fables de La Fontaine donnée par La Fontaine lui-même, contenant les six premiers livres. Elle est rare et fort recherchée » (Claudin, n°164). Tchemerzine, III, 865-866 ; Brunet, III, 750 ; En Français dans le texte, n°105. Edition originale des six premiers livres des Fables de La Fontaine, riche de 124 fables. « Il y a une philosophie de La Fontaine : il connaît l’œuvre de Descartes, sans y adhérer totalement, il connaît aussi les philosophes « libertins » et il n’ignore pas l’épicurisme rénové par Gassendi. Mais il est à la fois conformiste et progressiste : il est partisan du progrès des sciences. Dans l’ensemble, cependant, le pessimisme domine : les travers qu’il croque, il les traite comme si leur correction était, en fin de compte, une entreprise sans cesse à reprendre : il ne semble guère croire au progrès de l’homme. Cela se manifeste notamment dès qu’il est question d’amour-propre ou, tout court, d’amour. Mais, assurant la synthèse de ses recherches stylistiques et transcendant son pessimisme, le La Fontaine qui dessine son image dans les Fables est avant tout un poète d’humour. Le rire y est partout présent, fut-ce dans les sujets les plus graves, et le comique multiforme. Les romantiques ont peu apprécié cette morale de la dérision de tout, depuis le précurseur Rousseau, qui dans L’Émile interdit la lecture des Fables, jusqu’à Lamartine qui y voyait une morale égoïste. C’est que le rire y nimbe même les émotions, met à distance tous les sujets comme tous les objets. Et il est certain que l’usage scolaire qui a longtemps été fait des Fables, données à apprendre aux jeunes écoliers comme « récitations » en même temps que leçons de morale en obviait et minimisait les significations. La conservation scolaire des Fables s’est fondée en partie sur un malentendu, mais la consécration et la conservation générale de cette œuvre reposent, bien plus solidement sur les multiples strates de sens dont elle se compose, et qui sollicitent et solliciteront encore lectures et interprétations » (A.Vi). Cette édition originale avait été composée pour le Dauphin, fils de Louis XIV (dont les armes ornent la page de titre). Le fabuliste s’y montre fidèle à l’esprit de ses modèles, Esope et Phèdre, qu’il se contente d’égayer par des traits nouveaux ou familiers, mais Les Fables de 1668 marquent une date capitale dans l’histoire du genre, dès l’Antiquité, l’apologue était passé de la prose grecque aux vers latins il appartient à La Fontaine de l’avoir annexé véritablement à la poésie (En Français dans le texte). L’édition est illustrée de 118 eaux-fortes signées François Chauveau et de bandeaux, lettrines et culs-de-lampe gravés sur bois. Brunet fut l’un des premiers bibliographes à souligner l’extrême rareté des exemplaires conservés dans leur première reliure, « les Fables de La Fontaine étant passées entre les mains des enfants ». Jules Le Petit et Brunet ne signalent d’ailleurs que des exemplaires reliés au XIXe siècle, ceux reliés comme le présent exemplaire par Trautz-Bauzonnet atteignant les plus fortes enchères : Répertoire Morgand et Fatout (1878), mar r. par Trautz, 3 400 Fr. Or ; Vente Guy Pellion (1882), mar. r. doublé de mar. bl. par Trautz 3 600 Fr Or ; Vente J. Renard (1881), mar. r. par Capé, 1 400 Fr. Or ; en maroquin de Duru 495 Fr Or Chedeau. 3 600 Fr Or et 3 400 Fr Or relié par Trautz-Bauzonnet en 1882 et 1878 ; 1 400 Fr Or relié par Capé en 1881 ; 495 Fr Or relié par Duru sont des prix considérables rapportés aux 10 F Or qui marquent à cette époque l’entrée des livres dans le domaine de la haute bibliophilie. Précieux et bel
Le vent dans les saules

Le vent dans les saules

Grahame, Kenneth Grahame, Kenneth. Le Vent dans les Saules. Paris, Librairie Armand Colin, 1935. In-8 de 251 pp., (1) p., brochure rouge illustrée de l éditeur. 188 x 120 mm. Rare édition originale française. En 1908, Kenneth Grahame (1859-1932) quitte son poste de secrétaire à la Banque d Angleterre et retourne à Cookham, dans le Berkshire, où il a passé son enfance. Il se met à y écrire des contes pour son fils Alistair. Le président américain Theodore Roosevelt lui écrit en 1909 « qu il a lu et relu le roman, et en est arrivé à considérer les personnages comme de vieux amis ». C est le printemps à la campagne, et le soleil brille. Le débonnaire monsieur Taupe est fatigué de son grand nettoyage de printemps et décide de sortir de sa maison souterraine pour prendre l air. Il finit par atteindre la rivière, qu il n avait jamais vue auparavant. Là, il rencontre monsieur Rat, qui l invite à faire un tour à bord de sa barque ; ils décident de rendre visite au baron Têtard. Celui-ci est riche, jovial et sympathique est sur le point de partir en voyage, et il persuade Rat et Taupe de se joindre à lui. Taupe désire aller voir Blaireau et il se rend dans le Bois Sauvage mais se perd dans le bois. Dans ces contes qui refusent un moralisme simple, Kenneth Grahame enchante son lecteur en lui faisant ressentir toute la puissance poétique des campagnes anglaises. Les superbes illustrations d E. H. Shepard ont immortalisé les personnages de Kenneth Grahame. Grahame didn t live long enough to see the book released with Shepard s illustrations, but their meeting would be reported by Shepard as follows : Not sure about his new illustrator of his book, he listened patiently while I told him what I hoped to do. Then he said I love these little people, be kind to them . Just that; but sitting forward in his chair, resting upon the arms, his fine handsome head turned aside, looking like some ancient Viking, warming, he told me of the river nearby, of the meadows where mole broke ground that spring morning, of the banks where Rat had his house, of the pool where Otter hid, and of Wild Wood way up on the hill above the river He would like, he said, to go with me to show me the river bank that he knew so well, but now I cannot walk so far and you must find your way alone . « Outre l apaisement qui naît de leur fréquentation assidue, certains livres dispensent une paix qui leur est propre, comme un sentiment de douceur immanente. Le Vent dans les saules est de ceux-là. Un je-ne-sais-quoi dans le choix du vocabulaire, dans le rythme des phrases suffit à évoquer l atmosphère qui régnait au sein de ce paysage que Grahame aimait et connaissait si bien en présentant son roman à l éditeur Charles Scribner et fils, Grahame le définissait comme « un livre de jeunesse, et, pour cette raison, composé d abord pour la jeunesse, en tous cas pour ceux qui gardent intact en eux l esprit de jeunesse. C est un livre de la vie, un livre de soleil, d eaux vives, de forêts et de chemins de terre, d hivers au coin du feu » Chaque nouvelle lecture du Vent dans les saules contribue à enrichir mon expérience de vie d un peu plus de substance, d un peu plus de sens. Il s agit bien d un livre magique. Quelque chose en lui réenchante le monde » (Alberto Manguel). « Probablement l un des ouvrages les plus chers à l inconscient collectif des Britanniques de tous âges, ce « conte du bord de l eau » est devenu un grand classique de la littérature familiale anglaise Ecrivain « sur » la jeunesse plus que « pour » la jeunesse, Kenneth Grahame appartient à une famille d auteurs où se rangent Beatrix Potter, A. Milne et Rudyard Kipling, porteurs d une idéologie inconsciente d un retour à la vie préindustrielle » (Jacqueline Colombat). Bel exemplaire conservé dans sa brochure d éditeur, tel que paru. Aucun exemplaire n est passé sur le marché public international depuis le début des relevés, il y a plus de 35 ans. Seuls 2 exemplaires sont répertoriés dans les Institutions publique
La Jaquerie

La Jaquerie

Prosper Mérimée Édition originale de La Jaquerie de Mérimée « chef-d’œuvre peut-être du théâtre romantique avec Lorenzaccio, mais plus populaire que ce dernier » (Roger Bellet). Très bel exemplaire, entièrement non rogné, conservé dans sa brochure d’éditeur, tel que paru. Mérimée, Prosper. Lâ Jaquerie, scènes féodales, suivies de La Famille de Carvajal, drame. Paris, Brissot-Thivars, 1828. In-8 de (4) ff., 422 pp., (1) f. Brochure d’éditeur, exemplaire non rogné, tel que paru. 217 x 135 mm. Rare édition originale. Carteret, II, 136-138 ; Clouzot, 200 ; Vicaire, V, 705-706 ; Talvart, XIV, 220, 4 A ; Hanotaux & Vicaire, n°157. « Imprimé par Balzac » (Clouzot). « C’est peut-être le seul ouvrage romantique important, non illustré, sortant de l’imprimerie de Balzac, avec le Cinq-Mars de Vigny, 1827, 3e édition » (Carteret). Voulant devenir « homme de lettres de plomb », Honoré de Balzac obtient son brevet d’imprimeur en 1826 et rachète aussitôt la fonderie Gille avec quelques associés mais il se ruinera dans l’entreprise, ce qui le ramènera vers la création littéraire. Sa maîtresse, Mme du Berny, rachètera l’ensemble en 1828 et en confiera la gestion a son fils, fondateur de la fonderie Deberny & Peignot. Cette vaste composition dramatique évoque l’insurrection des paysans français contre la noblesse au XIVe siècle, pendant la captivité du roi Jean. L’arrogance féodale est incarnée par le baron d’Apremont. Ses violences et sa cruauté poussent les paysans au désespoir sous l’inspiration et la conduite d’un moine intrépide frère Jean. Tableau énergique et touchant de la féodalité dans lequel les nobles, vilains, moines, gens de guerre sont représentés à grands traits. On retrouve dans cet ouvrage toute l’imagination et la verve dramatique qui ont distingué si éminemment les premiers essais de l’auteur de Clara Gazul. On reconnait ce talent impétueux et toujours original, muri cette fois par de profondes études sur l’histoire et sur l’homme. Un dialogue vif et vrai transporte le lecteur, et comme à son insu, dans les temps et ls lieux le plus étrangers à ses mœurs et à ses habitudes. « La Jaquerie est le premier pas vers le récit à fondement historique qui fera la gloire littéraire de Mérimée » (Jean Autin). Très bel exemplaire, entièrement non rogné, conservé dans sa brochure d’éditeur, tel que paru.
Recueil des oeuvres poétiques

Recueil des oeuvres poétiques

Bertaut « Bertaut s est fait un chemin particulier entre Ronsard et Desportes. Il a plus de clarté que le premier, plus de force que le second et plus d esprit et de politesse que les deux autres ensemble » (Melle de Scudéry). Édition en partie originale des uvres poétiques et du Recueil de quelques vers amoureux de Bertaut. Précieux et bel exemplaire conservé dans son maroquin de l époque. Bertaut. Recueil des uvres poétiques de J. Bertaut, abbé d Aunay, et premier Aumônier de la Royne. Seconde édition Augmentée de plus de la moitié outre la précédente Impression. Paris, Abel L Angelier, 1605. Suivi de Bertaut. Recueil de quelques vers amoureux. Edition dernière, Reveue & augmentee. Paris, Philippes Patisson, 1606. Ensemble deux ouvrages reliés en 1 volume in-8 de (8) ff. 344 pp., (6) ff., 98 ff. Maroquin rouge, double encadrement de triple filet doré sur les plats et au dos, filet or sur les coupes, tranches dorées. Reliure de l époque. 164 x 106 mm. « Collection complète des uvres de Bertaut qui fut un élève de Ronsard » (Edouard Rahir). Édition en partie originale des uvres poétiques de Bertaut et du Recueil de quelques vers amoureux. Brunet, I, 814-815 ; Renouard, Breyer, n°77 ; Renouard, Estienne, 194 ; J. P. Barbier, IV, 1, n°31 et n°32 ; N. Ducimetière, Mignonne allons voir , n°135 ; Rahir Catalogue, V, 1242 ; Catalogue De Backer, n°538 ; Picot, Catalogue Rothschild, I, 820 ; Balsamo, L Angelier, n°409. Cette édition des uvres poétiques « est augmentée de plus de moitié outre la précédente impression. C est la plus belle et l une des plus recherchées » (Catalogue De Backer). Brunet, dans son Manuel (I, 815), écrit à propos des éditions postérieures de 1620 et 1623 : « Ces deux éditions sont plus complètes, mais moins belles que celle de Paris ; Abel Langelier, 1605, in-8 de 8 feuillets et 344 pages ». Le Recueil de quelques vers amoureux comprend 89 pièces, dont 15 inédites. Cette édition est la seule connue sortie des presses de Philippe Patisson, fils de Mamert Patisson. Elle parut anonymement. A 16 ans Jean Bertaut (1552-1611) s engoue des uvres du chef de la Pléiade et de Desportes. L un et l autre devaient encourager le jeune poète. Desportes introduisit Bertaut à la cour et resta toute sa vie son ami fidèle. Nommé par Henri III précepteur du Comte d Angoulême, fils naturel de Charles IX, puis de 1557 à 1589, secrétaire du cabinet du roi, il devint dès cette époque le poète de service tissant sur chaque évènement des vers mélodieux où se font jour parfois les accents d une mélancolie naturelle qui ne manque point de charme. « Tant d application, tant d attentions méritaient récompense, on lui en fut d autant plus prodigue que Bertaut fut fort sagement toujours du côté du plus fort ce qui demandait quelque souplesse en ce temps. En 1594, il reçut l Abbaye d Aunay ; en 1600, il était aumônier de la reine, Marie de Médicis. Chose curieuse, ce courtisan eut l estime et l amitié des autres poètes qui louent à l envie son désintéressement et sa noblesse d âme ». « C est à juste titre que Michel Jeanneret a placé Bertaut dans un chapitre intitulé « L affranchissement des poètes », car ces derniers « prolongent le courant de poésie mondaine qui passe de la Pléiade à Desportes et travaillent cependant autour de Malherbe, mais avec un zèle inégal, à l avènement d une esthétique qui ouvre l ère classique ». De son côté, Robert Sabatier est un de ceux qui furent sensibles au « lyrisme lamartinien » du poète. « Sa poésie rationnelle qu on ne saurait confondre avec celle de Desportes diffère profondément de la poésie spontanée, quelques fois désordonnée de l âge précédent. Cette horreur de l excès, ce refus de la « fureur » que les amis et successeurs de Ronsard appelaient de toutes leurs forces, c est ce qui marque constamment les chastes vers amoureux contenus dans ce recueil. Ils plurent aux contemporains du poète, ils furent adorés de la génération suivante » (J. P. Barbier). « Bertaut fut perçu par les auteu
Under the volcano

Under the volcano

Lowry, Malcolm Malcolm Lowry’s Under the volcano “One of the twentieth century's great undisputed masterpieces. A Faustian masterpiece” (Anthony Burgess). An attractive advance reading copy of one of the masterpieces of twentieth-century literature. LOWRY, Malcolm. UNDER THE VOLCANO. A novel by Malcolm Lowry. Proof copy. Raynal & Hitchcock, New York, 1947. In-8 de (3) ff., 375 pp., (1) p. brochure de l’éditeur, titre manuscrit au dos. 200 X 142 mm. ADVANCE READING COPY OF THE FIRST EDITION. Malcolm Lowry’s Under the Volcano tells the story of Geoffrey Firmin, an alcoholic British consul in the small Mexican town of Quauhnahuac, on the Day of the Dead in 1938. Under the Volcano thoroughly demonstrates Lowry’s highly stylistic writing choices. Drawing heavily upon autobiographical material, the author amplifies the complexity of the story with unexpected narrative shifts and allusive layers of symbolism. In fact, the complexity of Under the Volcano has been compared with James Joyce’s stylistic masterpiece, Ulysses. The novel was out of print by the time Lowry died of alcoholism in 1957 yet is critically acclaimed today. The Modern Library ranked Under the Volcano eleventh on its list of the 100 best English-language novels of the 20th century. TIME included the book in its list of 100 best English-language novels from 1923 to the present. In 1984, John Huston directed a film adaptation of Under the Volcano. It received Oscar nominations for Best Actor in a Leading Role and Best Original Score. Ce roman a pour sujet les forces dont l’homme est le siège et qui l’amènent à s’épouvanter devant lui-même. Le sujet en est aussi la chute de l’homme, son remords, son incessante lutte pour la lumière sous le poids du passé, son destin ». L’auteur précise : « Il se compose de douze parties et le corps du récit est contenu dans une seule journée de douze heures. De même, il y douze mois dans une année et le livre entier est enclos dans les limites d’une année » La symbolique du nombre douze est soulignée à maintes reprises par des références à la Kabbale juive ; celle de l’Eternel retour par la description répétée d’une roue foraine qui n’en finit pas de ramener ses cabines au même point après leur avoir fait parcourir et reparcourir son cercle. Nombre de l’Arbre de vie, retour du temps sur lui-même, autant de suggestions fascinantes, qui concourent à mobiliser l’esprit pour l’accorder au rythme de l’étrange symphonie dont les chapitres déroulent les mouvements. Pourtant, dès l’abord, un chapitre énorme, dressé comme un mur ; mais qu’on le gravisse et c’est alors un chemin de ronde à partir duquel on a vue sur tous les carrefours de la vie. En apparence, un roman situé au Mexique et profitant des pouvoirs de cette terre de mythe et de mort pour amplifier dans le même sens le délire de son héros alcoolique – un roman sur l’échec de l’amour et sur l’impossibilité de la communion avec l’autre « Une œuvre fascinante, le roman de la fascination une sorte de Divine Comédie ivre Ce roman ne révèle pas moins par sa forme que par son contenu. Il est à la fois merveilleusement égaré et maîtrisé souverainement » (Maurice Blanchot). Un tel livre en effet ne se résume pas. Nombre de commentateurs ont multiplié les interprétations symboliques et sans doute ce roman joue-t-il sur toutes les images de la connaissance, mais il recèle une leçon plus simple et plus humaine. Ce livre est l’un des plus grands d’aujourd’hui par son style, sa composition, s pensée, la richesse des images. AN ATTRACTIVE ADVANCE READING COPY OF ONE OF THE MASTERPIECES OF TWENTIETH-CENTURY LITERATURE. Unlike first editions, proofs and advanced review copies of books were not printed to be consumed publicly. Proofs and advance review copies are printed for publishers, reviewers, and select magazines and bookstores as sneak previews of soon to be available books. Proofs and advance review copies may be different than the finished product, and the level of difference varies greatly
La Defense et illustration de la langue francoise

La Defense et illustration de la langue francoise

Du Bellay, Joachim Superbe recueil renfermant 10 œuvres de Du Bellay dont des pièces originales et inédites. Magnifique exemplaire relié en maroquin mosaïqué dans le goût des reliures de La Renaissance. DU BELLAY, Joachim. LA DEFENSE ET ILLUSTRATION DE LA LANGUE FRANCOISE, avec L’Olive de nouveau augmentee. La Musagnoeomachie. L’Anterotique de la vieille & de la ieune Amie. Vers lyriques, &c. Paris, F. Morel, 1561. In-4 de 38 ff., (2) ff. PREMIERE EDITION DE FORMAT IN-4. Soit 10 œuvres réunies en 1 volume in-4. Maroquin havane, large encadrement de frises mosaïquée et dorée sur les plats, dos à nerfs orné de même, double filet or sur les coupes, dentelle intérieure dorée, tranches dorées sur marbrures. Reliure de Chambolle-Duru. 224 x 150 mm. Du Bellay (1522-1560) fit la rencontre de Ronsard en 1547. De ce jour date sa vocation poétique. Quatrième edition - l'originale date de 1549 -, mais la première edition in-4 et première edition de ce texte augmente de la Musagnoeomachie, à laquelle il faut joindre les autres textes de Du Bellay, que Tchemerzine décrit sous des numéros séparés Comme l’a noté G. Lanson, « Du Bellay précéda Ronsard ». Il a composé une œuvre poétique abondante et diversifiée, constamment novatrice ; il a été l’auteur du premier recueil de sonnets amoureux français, du premier recueil d’odes lyriques ; il a élargi de façon décisive le registre du sonnet, s’est fait l’un des meilleurs poètes néo-latins d’Europe, puis s’est métamorphosé en poète politique de tout premier plan. Il ne fut pas que le brillant second de Ronsard : il fut l’un des plus grands poètes français, l’un des plus novateurs. » (Dictionnaire des Lettres françaises, p. 388). « On considère Du Bellay comme l’un des plus beaux ornements de son siècle. Réputation qu’il justifie pleinement. Par sa sensibilité même, autant que par son pessimisme, Joachim Du Bellay introduit dans la poésie française une source nouvelle d’inspiration et, à ce titre, il apparaît en quelque manière comme un ancêtre des Romantiques. » (R. Purnal). SUPERBE ET PRECIEUX EXEMPLAIRE DE CE RECUEIL DE PIEVES SEPAREES DE JOACHIM DU BELLAY PARU CHEZ FREDERIC MOREL DANS LE FORMAT IN-4. Ce recueil présente des œuvres importantes de l’auteur qui venait de mourir et renferme des pièces d’une extrême rareté ; certaines sont en édition originale d’autres en première édition de format in-4. Une grande œuvre poétique somptueusement reliée en maroquin mosaïqué par Chambolle-Duru dans le goût des reliures de La Renaissance. Tchemerzine, III, 40 à 73 ; La défense et illustration de la langue française, L. Séché, p.232 ; Adams D982, D984, D987, D990, D991, D994, D996, A2117 ; 91.
Ferrements

Ferrements

Césaire, Aimé « Avec Ferrements, Césaire atteint le sommet de son art, plus dépouillé, plus stylisé » (L. Kesteloot). Edition originale de Ferrements d’Aimé Césaire. Très bel exemplaire, l’un des 25 du tirage de tête, conservé broché, tel que paru. CESAIRE, Aimé. FERREMENTS. Poèmes. Editions du seuil, (1960). In-8 de 92 pp., (1) f. broché. 195 X 135 mm. EDITION ORIGINALE L’un des 25 exemplaires du tirage de tête numérotés sur pur fil (N°VI). Césaire publie Ferrements en 1960, année où le processus de décolonisation a permis d'obtenir l'indépendance de plusieurs colonies d'Afrique occidentale, mais n'a pas encore pris fin. Certains poèmes du recueil se font l'écho de tels événements. Cependant Ferrements prend en charge un temps élargi, qui ne se limite pas aux événements contemporains, puisqu'il évoque le temps de l'esclavage, du commerce triangulaire. Que cet homme soit un homme « engagé » politiquement et qu’il soit un militant de ce qu’il est convenu d’appeler la « négritude » éclaire ces textes dans certaines de leurs particularités comme les événements de notre époque leur constituent un arrière-fond qui leur assure prolongements et échos. La plupart de ces poèmes disent la destruction d’un monde ancien, dans un flamboiement d’images de cataclysmes, d’éruptions volcaniques, de catastrophes en tous genres, et annoncent l’avènement d’un monde nouveau. L’imagerie qui se dégage de ces poèmes est forte, pleine des notes vibrantes des Antilles, mais sombre aussi, la nuit y est omniprésente. Sombre, de par ses messages engagés, des spectres de ce que l’humanité fait de pire contre son propre sein, son propre sang, l’esclavage, l’oppression, l’injustice. Césaire n’abandonne, ni ne diverge, les hommes libres, c’est son credo. Mais il souffre et sa poésie est un cri du cœur, et les poèmes les plus étranges de Ferrements, où les mots surchargent sans vraiment nous dévoiler le sens de l’ensemble, nous touchent pourtant de leur lyrisme, de leur rythmique grave, comme un gong, un glas, un tambour. « Ecrivain et homme politique martiniquais, Aimé Césaire (1913-2008), issu d’une famille modeste, est reçu en 1935 au concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure. Il élabore, avec Léopold Senghor la notion de « négritude ». De retour à la Martinique en 1939, il fonde avec sa femme la revue Tropiques qui réussit à maintenir en Martinique une parole de résistance culturelle. En 1945, Césaire est élu maire de Fort-de-France et député à l’Assemblée nationale française. Toute la vie, toute l’œuvre d’Aimé Césaire sont restées fidèles à son impulsion de jeunesse : « Pousser d’une telle raideur le grand cri nègre que les assises du monde en seront ébranlées » » (Jean-Louis Joubert). TRES BEL EXEMPLAIRE, L’UN DES 25 DU TIRAGE DE TETE, CONSERVE BROCHE, TEL QUE PARU.
Arkhipelag Gulag

Arkhipelag Gulag

« L’Archipel du goulag est bien un des plus étonnants livres du XXe siècle. On ne lui trouve aucun équivalent dans la littérature humaine antérieure ». Rare édition originale, en langue russe, de L’Archipel du Goulag ce grand roman de Soljénitsyne. Exemplaire conservé broché, tel que paru. SOLJÉNITSYNE, Alexandre. ARKHIPELAG GULAG 1918-1956. (The Gulag Archipelago). YMCA Press, Paris 1973-75. 3 volumes 8vo of 607, 657 and 582 pp. Publisher’s original photographic wrappers. 193 X 136 mm. THE RARE FIRST EDITION OF THE AUTHOR’S MOST FAMOUS INDICTMENT OF THE SOVIET SYSTEM OF FORCED LABOR. The most significant literary work of the Soviet era. The Russian edition appeared about the end of 1973 in Paris (YMCA-Press); the first translations came out during the first half of 1974. In June 1974 a second volume was published. It had been obvious that several copies of The Gulag Archipelago were available in samizdat (in August 1973 Solzhenitsyn had intimated that his “main work” would be made public if anything were to happen to him). Much has been written in the West about the immense historical, political and artistic importance of the Gulag Archipelago. The many reactions to the book in samizdat literature prove that Soviet dissidents are well aware of its potential impact. Lidia Chukovskaia, the poetess who was ejected from the Writers’ Union for defending Solzhenitsyn, declared that the publication of Arkhipelag Gulag could be compared, in the immeasurability of its consequences, only with the death of Stalin. En 1970, Soljénitsyne reçoit le prix Nobel. La traduction de L’Archipel du goulag lui vaut d’être arrêté en 1974, puis déchu de la citoyenneté soviétique et expulsé. Ce texte énorme, cette cathédrale d’écriture, son auteur ne l’a jamais vu en entier sur sa table de travail, car il l’a écrit dans la clandestinité en « planquant » des chapitres chez des amis au fur et à mesure qu’il l’écrivait. Néanmoins la cathédrale est magnifiquement agencée. Elle est une histoire de la violence et de la répression en U.R.S.S. depuis le fondement de la république léniniste, elle est une chronique et une géographie des camps, une anthropologie de l’homme dans sa condition pénitentiaire, mais elle est aussi une confession de l’auteur dont le destin personnel sous-tend ce texte ; le texte est aussi un ouvrage de réflexion philosophique sur l’homme en face de la dépravation, sur la capacité de résistance de l’homme dans les conditions extrêmes, sur l’homme mourant et sur l’homme révolté auquel sont consacrées des pages d’une force tout à fait extraordinaire. « Avec sa galerie formidable de portraits, de destins, avec ses multiples changements de ton, avec ses moments de prière et de recueillement, ses rires formidables, des haines vengeresses, son souffle épique, L’Archipel du goulag est bien un des plus étonnants livres du XXe siècle. A vrai dire on ne lui trouve aucun équivalent dans la littérature humaine antérieure. Le livre a eu une énorme influence sur l’évolution de notre temps ». L’un des ouvrages les plus importants qui existe sur cette période de l’histoire soviétique, L’Archipel du goulag est classé à la 15e place de s100 meilleurs livres du XXe siècle. EXEMPLAIRE DE CET OUVRAGE MAJEUR, CONSERVE BROCHE, TEL QUE PARU.
Quand prime le spirituel

Quand prime le spirituel

Beauvoir, Simone de « Étonnante aventure que celle de ce petit livre, sans doute l'un des plus réussis de Simone de Beauvoir » (Philippe Sollers). Édition originale du premier livre de Simone de Beauvoir. Très bel exemplaire, l’un des 35 sur Hollande, conservé broché, non coupé, tel que paru. BEAUVOIR, Simone de. QUAND PRIME LE SPIRITUEL. Roman. Paris, Gallimard, 1979. In-8 de 248 pp. Broché, couverture imprimée, non coupé, tel que paru. 216 x 144 mm. ÉDITION ORIGINALE DU PREMIER LIVRE DE SIMONE DE BEAUVOIR ECRIT ENTRE 1935 ET 1938 ET REFUSE A L’EPOQUE PAR GRASSET ET GALLIMARD. L’un des 35 premiers exemplaires numérotés sur Hollande. « J'ai mis beaucoup de moi-même dans cet ouvrage. J'étais en révolte contre le spiritualisme qui m'avait longtemps opprimée et je voulais exprimer ce dégoût à travers l'histoire de jeunes femmes que je connaissais et qui en avaient été les victimes plus ou moins consentantes » (Simone de Beauvoir). Pour qui la connaît un peu, chaque histoire qui constitue ce roman retentit des échos de sa propre vie, s’éclairant mutuellement, on y découvre ainsi déjà tous les thèmes qui lui seront chers : le féminisme, le carcan religieux, la liberté et la solitude infinie. Simone de Beauvoir propose ce livre en 1938, l’année de ses trente ans, à Gallimard et à Grasset, qui le refusent. Dans La force de l'âge, Simone de Beauvoir a raconté comment, de 1935 à 1937, elle a écrit Quand prime le spirituel, ce premier livre, resté longtemps inédit. « Je résolus cette fois de composer des récits brefs. Je me limiterais aux choses, aux gens que je connaissais ; j'essaierais de rendre sensible une vérité que j'avais personnellement éprouvée. J'indiquais le thème par un titre ironiquement emprunté à Maritain. La première nouvelle décrit l'étiolement d'une jeune fille à l'institut Sainte-Marie. Dans la seconde, je m'amusais à imaginer, chez une adulte, la dégradation de la religiosité en chiennerie. Dans la troisième, l'héroïne, par son entêtement à jouer un rôle, jetait dans des désastres deux jeunes élèves qui l'admiraient. J'avais réussi à rendre cette distance de soi à soi qu'est la mauvaise foi. Dans la quatrième, je tentai à nouveau de ressusciter Zaza. J'échouai. Cinquième nouvelle : une satire de ma jeunesse. Mon enfance au cours Désir et la crise religieuse de mon adolescence. Ce récit était de loin le meilleur. Sartre en approuva de nombreux passage. » « Beauvoir débutante a déjà le talent - qu'elle portera à son apogée dans ses Mémoires - de faire sentir une époque, avec ses conventions sociales, ses comportements stéréotypés, ses errements. Ses héroïnes sont à l'heure du choix, au cœur de leurs intimes contradictions, et elle les décrit avec humour, férocité - et compassion, pour Anne » (Josyane Savigneau). TRES BEL EXEMPLAIRE, L’UN DES 35 IMPRIMES SUR VERGE DE HOLLANDE, DE CETTE ORIGINALE LITTERAIRE, NON COUPE, CONSERVE BROCHE, TEL QUE PARU.
Livre doré de Marc Aurèle

Livre doré de Marc Aurèle

Guavara, Antonio de Première édition de la traduction française du Livre Doré de Marc Aurèle imprimée à Paris en 1531. Fort rare, Bechtel ne répertorie aucun exemplaire sur le marché privé. De la bibliothèque Fairfax Murray. GUEVARA, Antonio de. LIVRE DORE DE MARC AURELE empereur et eloquent orateur traduict du vulgaire castillan en francoys par R.B. sieur de la Grise. Paris, Galliot du Pré, 1531. In-4 de (6) et 164 ff. Maroquin rouge, triple filet doré encadrant les plats, dos à nerfs orné de filets dorés, titre et date dorés, double filet or sur les coupes, roulette intérieure dorée, tranches dorées, titre imprimé en rouge et noir, découpe réparée au titre sans atteinte au texte. Reliure signée Closs. 195 x 135 mm. « PREMIERE EDITION DE LA TRADUCTION FRANÇAISE DE René Berthault de la Grise » (Bechtel, G 339). Le Livre Dore de Marc Aurele demanda à l'auteur, dit-on, onze années de travail et eut un grand succès lors de sa parution. C'est une sorte de roman qui, rempli d'anecdotes, rappelle la Cyclopédie de Xénophon et dans lequel l'auteur offre à Charles Quint l'exemple du prince le plus parfait de l’Antiquité. La Fontaine en a tiré sa fable du Paysan du Danube. « Ce livre de piété connut un succès considérable aux XVIe et XVIIe siècles, tant en Espagne qu’à l’étranger. En un siècle et demi, on compte en effet 33 éditions espagnoles et 58 autres en français, italien, allemand, anglais et latin. Guevara veut enseigner les princes, leur apprendre comment il faut employer chaque heure du jour au mieux des besoins de l’âme et comment il faut gouverner les peuples en bon chrétien [ ] Aussi son ouvrage semblait-il récapituler toute la sagesse des anciens et on admira le travail de dépouillement auquel avait dû se livrer l’auteur » (Dictionnaire des Œuvres). Antonio de Guevara (1481-1545), moine franciscain, est un essayiste et chroniqueur espagnol. Il vint de bonne heure à la cour de Ferdinand le Catholique en qualité de page du prince don Juan. Il résolut d'entrer en religion. S'étant fait comme prédicateur une certaine renommée, il devint, en 1512, conseiller du grand captaine. Ayant su plus tard plaire à Charles Quint qui, en 1516, avait hérité de la couronne d'Espagne, il put prendre une part active à sa lutte contre les « Comuneros ». Il obtint la charge de prédicateur de la Cour en 1521, celle d'inquisiteur de Tolède en 1525 et celle de chroniqueur impérial en 1527. L'année suivante, il devint évêque de Guadix. Après avoir fait escorte à Charles Quint dans sa glorieuse expédition contre Tunis, il quitta l'évêché de Guadix pour celui de Mondońedo (1539) où il acheva sa vie. Ecrivain d'un goût très sûr et précurseur du conceptisme, Guevara s'est acquis un très juste renom pour avoir contribué à fixer la prose castillane du XVIe siècle. VOLUME FORT RARE. Exemplaires signalés : B.n.F Rés. J-1761 bis. Brunet II. 1797. Inv. Chrono éd. Paris, XVIè s., IV, 1531-174 (Londres). Provenance: Fairfax early inscription on title-page; WilIiam O'Brien, bequest booklabel dated 1899.
Heures a lusaige de Romme

Heures a lusaige de Romme

L’édition incunable du 16 septembre 1498, « la plus célèbre des Heures imprimées par Pigouchet » (François Avril et Nicole Reynaud. B.n.F.) est illustrée par le maître d’Anne de Bretagne. Exceptionnel exemplaire, complet, sur peau de vélin, plus grand de marges que l’exemplaire B.n.F., conservé dans sa belle reliure du XVIe siècle. Paris, Philippe Pigouchet, 16 septembre 1498. HEURES A LUSAIGE DE ROMME. Paris, Philippe Pigouchet pour Simon Vostre, 16 septembre 1498. In-4 de 96 ff., maroquin fauve, double filet doré, mention dorée dans un petit cartouche en haut des plats, médaillon doré au centre, traces de liens, dos orné, tranches dorées. Reliure du XVIe siècle. 210 x 141 mm. L’édition la plus célèbre des Heures imprimées par Pigouchet pour Simon Vostre, est datée du 16 septembre 1498. C’est l’une des plus richement illustrées. [.] L’édition de 1498 est entièrement illustrée et décorée d’après des dessins du peintre (sauf pour la marque typographique de Pigouchet et pour une Messe de Saint Grégoire) (cf. François Avril et Nicole Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France, 1450-1520, n° 147). GW, 13253 ; Brunet, Heures, n° 44 ; Lacombe, n° 64 ; Pellechet, 5910 ; Goff, H395. Superbe édition incunable des Heures de Simon Vostre, imprimée en caractères gothiques par Philippe Pigouchet dont la marque typographique orne le titre. Elle comprend un almanach pour vingt et un ans (1488-1508) et un calendrier avec son texte latin, suivi de quatrains en latin et en français à la fin de chaque mois. L’illustration, attribuée au Maître des Très Petites Heures d’Anne de Bretagne, également connu aujourd’hui sous le nom de Maître de l’Apocalypse-Rose, comprend la figure de l’homme anatomique au verso du titre, celle du saint Graal au verso du calendrier, des bois représentant les signes du zodiaque placés dans les bordures du calendrier, et 21 grandes figures illustrant des scènes de la Bible (le Baiser de Judas, l’Arbre de Jessé, la Visitation, la Nativité, la Pentecôte, l’Adoration des bergers, la Fuite en Égypte, le Jugement dernier, la Crucifixion, Urie tué à la bataille, etc.). Le texte est placé dans de larges bordures ornées de scènes diverses, dont une Vie de la Vierge, et une Danse des morts en 66 bois réparties sur douze pages (30 pour les hommes et 36 pour les femmes). On notera aussi dans les bordures, des scènes de chasse au cerf. Nous ne représentons la très abondante production du Maître d’Anne de Bretagne à destination de l’imprimerie que par un livre d’heures ; car c’est dans ce genre d’ouvrage que la corrélation entre son œuvre enluminé et la gravure est la plus évidente et la plus parfaite. La position prise par le Maître d’Anne de Bretagne vis-à-vis de l’imprimerie est l’un des phénomènes les plus intéressants de l’histoire du livre à la fin du XVe siècle. En effet, son attitude est novatrice et tournée vers l’avenir : il se montre conscient de l’enjeu à la fois artistique et commercial de la nouvelle technique, c’est-à-dire qu’il ose renoncer à la couleur et concentre son ambition sur le trait, s’adaptant aux exigences bien comprises de la planche imprimée. Ses compositions policées et d’une parfaite lisibilité correspondent si bien à la vocation de l’illustration imprimée que les éditeurs parisiens se disputent les blocs tirés de ses dessins que l’on voit réapparaître d’un ouvrage à l’autre suivant les besoins : son matériel d’iconographie, tant profane que religieuse, est ainsi utilisé jusqu’au siècle suivant par Jean du Pré, Simon Vostre, Antoine Vérard, Guillaume Eustace, Gilles Remacle, Gillet Hardouin, Jean Petit ou Geoffroy de Marnef, sous des formes malheureusement de plus en plus abâtardies. C’est l’imprimeur Philippe Pigouchet, dans ses livres d’heures édités par Simon Vostre, qui a été l’interprète le plus fidèle et le plus minutieux de son style : les gravures imprimées sur vélin par Pigouchet rivalisent au plus près avec les miniatures de l’artiste et se détachent par leur distinction